Georges W. Bush/Saddam Hussein
Alors que nous sommes en 2007, à un moment où l'affaire Irakienne appartient davantage au journalisme qu'à l'histoire, il est un peu prétentieux de tenter une explication exhaustive, en un article, des enjeux de la guerre en Irak. L'article présent - que j'ai rédigé, signalons le, il y a près d'un an - ne prétend pas en être une, mais n'ambitionne que d'apporter des éléments, des explications, et des éclairages pouvant permettre de comprendre un peu mieux les enjeux de ce conflit.
Quels sont les enjeux de la guerre en Irak ? Si l'on met de côté l'enjeu pétrolier, sur lequel je reviendrai plus tard, trois se distinguent : la lutte contre le terrorisme, la démocratisation du Moyen-Orient et, par extension, le renforcement de l'hégémonie américaine La lutte contre le terrorisme d'abord : dès le début de l'année 2001, le rapport annuel de la CIA consacré aux préoccupations internationales dénonce les craintes concernant la détention d'armes de destruction massive en Irak. Selon certains experts, Saddam Hussein aurait pu tester un missile intercontinental à charge nucléaire sur les Etats-Unis avant 2015. Toujours selon la CIA, l'Irak aurait également pu developper une arme nucléaire pendant cette même période. Or, dans le contexte qui suit les événements du 11 septembre, l'inquiétude des Américains vis-à-vis de la prolifération d'armes de destructions massives detenues par des Etats soutenant le terrorisme international ne fait que croître. Pour se debarrasser de ces régimes dangereux, les Etats-Unis reprennent la stratégie employée par l'Israel contre l'Irak en 1981 : "la guerre préventive", qui consiste à intervenir dans un Etat dont il a été prouvé qu'il préparait une action menaçant la paix mondiale. Or, en ce qui concerne l'Irak, les preuves apportées par Colin Powell ne sont guère convaincantes, mais j'y reviendrai plus tard.
Passons au second enjeu. L'Irak est situé à la frontière nord-est de l'Arabie Saoudite. Or, depuis le 11 septembre, est réapparu, dans le langage du gouvernement américain le manichéisme qui lui est propre. Le terme "d'Empire du mal", notamment, fait echo dans le coeur du peuple américain. Peuple béni de Dieu depuis deux siècles, les américains lisent intensivement la bible et s'imprègnent du concept de "prédestination", qui les convainc qu'ils ont pour mission de sauver les égarés et de combattre le mal. Ce combat contre le mal est suffisant pour légitimer la politique extérieure américaine auprès d'une grande partie de la population américaine. Ce n'est pas un hasard si Georges W. Bush, au lendemain du 11 septembre, utilise le terme de "croisade", sous-entendant une "revanche" et une "conversion des populations à la démocratie" et non les termes de "justice" ou "d'atteinte à la sécurité" par exemple. Diffuser la démocratie dans le monde est l'une des grandes causes de l'Amérique depuis 1940. Ainsi, en attaquant l'Irak, en faisant chuter Hussein et en y installant la démocratie, le gouvernement américain esperait provoquer un effet de "contagion démocratique" dans la région, qui se serait étendu aux pays frontaliers de l'Irak, à commencer par l'Arabie Saoudite, mais également la Syrie et l'Iran, et qu'ainsi ils parviendraient à dominer la tendance anti-américaine qui domine la région, et que le gouvernement Saoudien ne parvient pas a enrayer. Ils s'agit en même temps pour Washington de rappeler a ces Etats que les Etats-Unis restent l'unique superpuissance mondiale et d'imposer leurs principes, démocratiques, certes, mais également économiques. Un peu comme le plan Marshall pour l'Europe à la fin des années 40, une aide économique à la reconstruction serait, selon les américains, un bon moyen de faire adherer les Irakiens aux valeurs occidentales de l'économie de marché. Quelle politique doivent adopter les pays Arabes face à cette situation ? Au lendemain des attentats, les gouvernements des pays arabes ont exprimé, à l'exception de l'Irak, leur solidarité vis-à-vis des Etats-Unis, en raison de leur dépendance vis-à-vis d'eux. Cependant, les dirigeants arabes et certaines des plus hautes autorités religieuses musulmanes ont multiplié les mises en garde contre les dérives et les amalgames. La lutte anti-terroriste ne doit pas dépasser ce cadre au Moyen-orient. L'Arabie Saoudite et l'Egypte, deux puissances régionales alliées des Etats-Unis, ont clairement indiqué à ces derniers qu'elle ne leur fournirait aucune aide logistique dans leur guerre contre l'Afghanistan. Les gouvernements des pays arabes ont fait savoir qu'ils ne participeraient ni aux frappes, ni à toute coalition internationale qui inclurait Israël. La guerre en Afghanistan a suscité une vague de protestation dans le monde arabe, et mis les régimes de la région, en particulier l'Arabie Saoudite, la Jordanie et l'Egypte, dépendants de Washington mais dont l'opinion publique est profondément anti-américaine, dans une position délicate. Face à cette situation, ils s'en sont sorti par la pirouette d'accepter le droit aux Etats-Unis de riposter aux attaques du 11 septembre si celle-ci est mise sous l'égide de l'ONU, et qu'elle repose sur des "preuves irréfutables" quant au rôle de Ben Laden. Cependant, quand les Etats-Unis ont affirmé qu'une frappe contre l'Irak n'était pas exclue, la ligue arabe a averti les Etats-Unis qu'une attaque contre un pays arabe risquerait d'affecter leurs projet de former une coalition antiterroriste. Amr Moussa, sous-secrétaire général de la ligue arabe, a déclaré "nous ne voyons pas pourquoi un paus arabe serait attaqué, d'autant qu'une telle éventualité mènerait à une situation très grave à travers le Proche-Orient et nuirait à toute idée de coalition internationale contre le terrorisme". Or, depuis novembre 2001, les Etats-Unis ont multiplié les avertissements contre l'Irak. Tony Blair, premier ministre britannique, avait même annoncé l'entrée dans la phase 2 de l'action contre le terrorisme. En décembre, des responsables américains assuraient vouloir en finir avec le régime de Bagdad. Pour certains, il s'agissait même d'une obession. Pour obtenir la satisfaction des pays Arabes, il était necessaire d'être légitimé par l'ONU. Or, plusieurs résolutions de l'ONU vont permettre aux Etats-Unis de légitimer leur intervention. Parmi celles-ci, les résolutions 687 et 1368. La première prévoyait, entre autre, le désarmement de l'Irak et la destruction des armes de destruction massives qui s'y localisaient. Or l'Irak n"a pas fournit les preuves de cette destruction. La seconde permet la légitime défense contre les auteurs d'attentats et ceux qui les soutiennent. Or Saddam Hussein a été le seul dirigeant arabe à ne pas condamner les attentats, tout en niant toute implication de l'Irak. Selon lui, les Américains ont (je cite) "récolté les épines semées par leurs dirigeants dans le monde entier". A la télévision Irakienne, on entendait "le cow-boy américain a récolté les fruits de ses crimes contre l'humanité. L'Amérique a gouté à l'amertume de la défaite, après ses crimes et son mépris pour la volonté des peuples à mener une vie libre et déçente." L'Irak a mis en valeur la "leçon" que les terroristes ont infligés à "l'arrogante Amérique". Washington, de son côté, a accusé Bagdad d'être à l'orginie des lettres à l'anthrax envoyées aux administrations américaines. En 2001, Saddam Hussein dénonçait les bombardements américains sur l'Afghanistan, tandis que Bâbel, journal dirigé par Oudaï, le fils de Saddam, faisait un rapprochement entre les frappes contre le peuple Afghtan et les raids unilatéraux américano-britanniques "contre le peuple Irakien". Plus tard d'autres résolutions légitimeront davantage encore l'intervention américaine, comme la violation de la résolution 1441, qui instituait un régime renforcé des inspections d'armes en Irak que Hussein n'a pas respecté. Mais pourquoi s'en prendre à l'Irak ? Quel lien peut-on établir entre l'Irak et les attentats du 11 septembre ? Le rapport officiel de la commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre, daté de 2003, ne revele pas de preuve très convaincante. Loin de là. Déjà, en 1990, Ben Laden avait proposer de lancer une djihad pour liberer le Koweït. Si, pour le saoudien, les sanctions prises après la guerre du golfe sont responsables des souffrances du peuple Irakien, il n'en demeure pas moins qu'il finançait les groupes opposés à Hussein au Kurdistan. Désireux néanmoins d'explorer les possibilités d'un accord avec l'Irak, Ben Laden a fait des propositions à Saddam Hussein, entre 1991 et 1992 dans lesquelles il proposait de cesser son financement en échange d'une alliance entre les deux hommes, mais ceux-ci ne se sont finalement pas entendus. A la fin fin de l'année 1994, Ben Laden a rencontré un agent haut placé du renseignement Irakien, auquel il a demandé un camp d'entrainement pour ses troupes et une assistance pour avoir des armes. Mais, selon le rapport, il est peu probable que l'Irak est accédé à cette demande. Cependant, lorsque, en 1999, les relations entre Ben Laden et les Talibans se dégradent, l'Irak lui propose un refuge, que Ben Laden refuse, préférant la conjoncture Afghane plus favorable. Mais le rapport de la commission avoue finalement n'avoir découvert aucune preuve que les contacts entre Ben Laden et Saddam Husseins aient abouti à une quelconque opération faite en collaboration, et, par conséquent, rien n'indique que l'Irak n'ait collaboré avec Al Quaïda pour developper et executer une attaque contre les Etats-Unis.
Certes, l'Irak n'a pas fournit les preuves qu'elle avait détruit les armes de destructions massives dont elle disposait au début des années 1990, même si elle affirmait l'avoir fait, mais celà la rendait tout de fois moins attaquable que l'Iran et la Corée du nord, qui affirment ouvertement posseder la bombe atomique. La Corée du nord, en 1994, a refusé de recevoir les inspecteurs de l'ONU, en 1998, s'est doté de missiles d'une portée de 1 300 km, et sont accusés par les Etats-Unis d'être sur le point de se doter de missiles stratégiques, c'est-à-dire de missiles d'une portée superieure à 5 000 km, ce qu'ils ne démentent pas. De la même façon, l'Iran ne remplit pas les exigences demandées par l'agence pour l'energie atomique et a refuser l'acces de certains sites aux inspecteurs. De plus, le rapport de la commission d'enquête a mis en évidence des responsabilités iranniennes qui la rendaient beaucoup plus coupable que l'Irak. A la fin de l'année 1991, puis au cours de 1992, des discussions sont effectives entre des agents iraniens et Al Quaïda, aboutissant à des accords visant à soutenir directement ou non des attaques contre l'Israel et les Etats-Unis. En 1993, des agents d'Al Quaïda se rendent en Iran pour s'entrainer au maniement des explosifs. En juin 1996, une coopération entre l'Iran et Al Quaïda aboutit à des attentats en Arabie Saoudite, visant plus particulièrement la tour Khobar du Dharan, tuant 19 américains, et provocant 372 blessés. Enfin, les financement Iraniens concernent le Hamas et le Hezbollah libanais.
Tout ceci amène renforce cette idée d'un coupable idéal à travers lequel est visé une autre cible, le Wahhabisme Mais qu'est-ce que le Wahhabisme ? Le wahhabisme est un mouvement fondamentaliste islamique fondé au XVIIIe siècle par le réformateur Muhammad ibn Abd al-Wahhab. Je pourrai faire un exposé complet sur les origines du wahhabisme et les thèmes de sa doctrines, mais je vais vous résumer ça en une sous-partie. Ibn Abd al-Wahhab descendait d'une lignée d'érudits religieux sunnites et reçut une éducation traditionnelle hanbalite, l'école théologique et juridique de sa famille. Au cours des voyages pour son pèlerinage à La Mecque (hadj), et pour ses études à Médine, il fut profondément influencé par les œuvres de l'érudit hanbalite du XIVe siècle, Ibn Taymiya, qui condamnait différentes croyances, interprétations et pratiques musulmanes traditionnelles, considérées comme hétérodoxes ou novatrices. En traversant l'Irak, l'Iran et la Syrie, ibn Abd al-Wahhab réforme ses opinions religieuses et invite les musulmans à se joindre à ce qu'il croyait être la forme parfaite de l'islam, laquelle se basait sur la croyance selon laquelle tout ce qui apparaît dans l'islam après la génération du Prophète et de ses disciples est novateur et corrompt la foi : il rejeta même le principe sunnite fondamental du consensus (ijma) comme source juridique majeure. La jurisprudence (fiqh) wahhabite diffère par conséquent de manière importante de celle des sunnites et des chiites. Le principal objectif d'ibn Abd al-Wahhab était la mise en place d'un État théocratique, ce qui fut réalisé en 1744 à Dariyya lorsqu'il prêta un serment d'allégeance mutuelle avec le puissant émir de la région, Muhammad ibn Saud, et fit du wahhabisme le système régisseur officiel de l'émirat. Les conquêtes, par l'émir et ses descendants, des territoires environnant — y compris les deux cités saintes de l'islam, La Mecque et Médine — agrandit le pays et augmenta le nombre des sujets auxquels le wahhabisme était imposé. Cet émirat devint par la suite un royaume qui est l'actuelle Arabie saoudite.Voici pourquoi le Wahhabisme est si implanté en Arabie Saoudite.
Le problème, c'est qu'aujourd'hui encore, l'influence des oulémas wahhabites sur la société saoudienne est toujours aussi importante. Basbous, lorsqu'il parle des oulémas, parle d'une "dynastie parallèle" à la monarchie saoudienne jouissant de privilèges et subventionnée avec générosité avec les pétrodollars de la famille royale. les wahhabites contrôlent la société Saoudienne par le biais d'une trentaine d'institutions, dont la principale est le Comité des grand oulémas, autorité spirituelle suprême composée de 17 membres, qui édicte, chaque année, des fatwas très suivies. Et c'est cette emprise des oulémas Wahhabites sur la société saoudienne qui explique la contradiction et les ambiguités de Riyad face à la guerre mondiale contre le terrorisme. Depuis le 11 septembre, cela tend de plus en plus les relations entre les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite, qui a perdu son statut d'allié inconditionnel de Washington. Pourtant, les responsables saoudiens se sont appliqués, dans un premier temps, a amadouer la maison blanche à travers diverses actions prouvant leur bonne volonté, comme leur rupture avec les talibans, la condamnation du terrorisme, ou le plan de paix du prince héritier Abdallah pour le Proche-orient. Le rôle ambigü de l'Arabie Saoudite dans l'emergence du phénomène Ben Laden et le financement du terrorisme islamiste lui est vivement reproché, ainsi que sa capacité à enrayer le courant wahhabite. Celà est accentué par la discrédibilité du gouvernement auprès de la société depuis l'affaire du Koweït.
Pourtant, pour des raisons stratégiques et pétrolières, les Etats-Unis sont contraints, pour le moment, de maintenir sa relation avec l'Arabie Saoudite.
En effet, en 1932, un ingénieur britannique découvre du pétrole en Arabie, sans vraiment en évaluer l'importance. Il conseille alors au Roi de s'adresser à de petites sociétés pétrolières américaines pour exploiter ce pétrole. Dès 1938, une première société américaine commence à opérer en Arabie Saoudite. En 1945, le roi Abnelaziz Ben Saoud rencontre sur un navire le président Franklin D. Roosevelt : c'est le début d'une alliance à long terme entre les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite. Celle-ci devient le fournisseur principal de pétrole des Etats-Unis, et, en échange, ceux-ci assurent une protection décisive au Royaume. Le potentiel pétrolier de l'Arabie Saoudite est énorme. Le pays détient au moins 27% des reserves pétrolières connues. Les spécialistes estiment que, dans des circonstances idéales, et avec une utilisation maximale des capacités de production, l'Arabie Saoudite pourrait produire plus de 20 millions de barils par jours. L'importance économique de l'Arabie Saoudite est donc primordiale, ce qui explique que les Etats-Unis ne puissent réagir contre eux directement. A celà, s'ajoute d'autres éléments que Basbous ne mentionne pas. L'Arabie Saoudite est le premier importateur d'armes du tiers monde, notamment pour les Etats-Unis. Entre 1950 et mars 1997, la valeur totale des contrats conclus par elle avec les fabricants d'armes américains a atteint 93,8 milliards de dollars. Cette tendance ne fait d'ailleurs que s'intensifier avec le temps. Bien que, depuis le milieu des années 90, les faibles prix pétroliers et le déficit croissant du budget public aient obligé le régime saoudien à se resserrer la ceinture, le Pentagone faisait savoir, le 8 septembre 2000, que les Saoudiens avaient décidé de conclure trois nouveaux contrats de livraison d’armes, pour un montant total dépassant les 2 milliards de dollars. Avec ces gigantesques achats d’armements, les Saoudiens font grimper les chiffres de ventes des fabricants d’armes américains et, ce faisant, fournissent de l’oxygène à une économie aux prises avec une crise chronique de surproduction. Mais parallèlement à celà, un pourcentage de ces armes est utilisé par les oulémas wahhabites. Une troisième raison d l'importance de l'Arabie Saoudite pour l'économie américaine réside dans les investissements à l'étranger des riches Saoudiens dans les entreprises américaines. Le Washington Post estime que leur montant se situe entre 500 et 700 milliards de dollars
Les réserves Irakiennes en pétrole de l'Irak comptent pour 15% des réserves mondiales. L'Irak ne compte pas plus de deux mille puits, contre un million au Texas. Mais plus de 90% de son territoire reste inexploré. Celà s'explique par l'évolution de la situation irakienne depuis l'ascension de Saddam Hussein : la révolution irannienne et le second choc pétrolier en 1979, la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988, la guerre du Golfe de 1991... Ainsi, de 3,5 millions de barils produits par jour en 1979, la production était tombée à 300 000 barils en 1991. Du coup, sur dix forages en Irak, huit fournissent effectivement du pétrole, contre moins d'un sur cinq en Arabie Saoudite. Au delà même de l'Arabie Saoudite, ce pétrole à une importance majeure. Des projets avaient étés envisagés de dépenser d'immenses sommes à l'exploration du pétrole devant les côtes de l'Angola et d'y travailler à des centaines de mètres de profondeurs sous la mer. S'emparer des 40 milliards de barils à la surface de l'Irak est beaucoup plus rentable. Celà permet de mettre en valeur le pétrole Irakien pour les substituer, à terme, au pétrole saoudiens afin de se libérer de la contrainte énergétique de l'Arabie. Surtout que, dans leur logique cloniale, les puissances impérialistes industrialisées considèrent ces ressources comme leur appartenant. Et voient dans toute velléité d'indépendance des pays pétroliers une menace pour leur «sécurité». C'est-à-dire pour le bon fonctionnement de leur machine de production capitaliste. Le conseiller internation Henry Alfred Kissinger (1923) auquel fait référence Babsous l'avoue franchement: «Les États Unis et les autres démocraties industrielles ont un intérêt national contraignant à empêcher que cette région soit dominée par des pays dont les buts sont inamicaux envers nous. Les économies industrielles avancées dépendent des réserves d'énergies du Golfe». Les régions pétrolifères du Moyen-Orient étaient déjà un enjeu majeur des deux guerres mondiales passées. Elles ont repris une place prioritaire dans la nouvelle stratégie américaine. Kissinger reconnait également que les guerres de Bush servent les intérêts des multinationales américaines de l'énergie. Ces grosses multinationales tirent des profits exorbitants du pétrole (extraction, transport, raffinage, commercialisation). Les réserves mondiales de pétrole diminuent réellement, ce qui ne peut qu'inciter les gros patrons du secteur à une agressivité accrue. C'est pour garantir sa mainmise sur ces sources de bénéfices gigantesques que l'État américain envoie son armée en Irak. Kissinger indique aussi clairement que ce qui effraie les américains, c'est l'utilisation que pourrait faire Hussein de ce pétrole :: «Un évènement de mauvaise augure est apparu à l'automne 2000, lorsque Saddam s'est efforcé de manipuler le marché des produits pétroliers en diminuant régulièrement les flux de pétrole autorisés sous le régime des sanctions. Ces efforts doivent être traités pour ce qu'ils sont: non pas un problème d'approvisionnement et de demande en énergie, mais un défi à la sécurité nationale des Etats-Unis» Les pays détenteurs des plus grandes réserves sont des pays du tiers monde dont ce pétrole est pour le moment souvent la seule richesse. Ils ont à juste titre utilisé cette arme dans le passé, ils l'utiliseront sans nul doute encore à l'avenir. Et c'est parce que Saddam Hussein voit le pétrole arabe comme une arme contre la domination des USA sur le Moyen-Orient qu'il doit disparaître. Enfin, a encore plus long terme, les Etats-Unis se préparent face à la concurrence de la Chine, puissance économique montante confrontée à un manque croissant de pétrole. La plus grande partie de ses importations proviennent du Moyen-Orient. En controlant le pétrole de cette région, les Etats-Unis veulent aussi influencer l'économie chinoise. |