Monnaie représentant l'empereur Byzantin Léon III l'Isaurien
Dans la loi 2, verset 4, Dieu dit à Moïse "Tu ne feras pas d'idole, ni aucune image de ce qui est dans les cieux en haut, ou de ce qui est sur Terre, en bas, ou de ce qui est dans les eaux, sous la Terre." Cette interdiction, au VIIIe siècle et pendant un siècle et demi, va servir d'appui à un courant de pensée qui va engendrer une querelle majeure dans l'Histoire Byzantine, la querelle des images ou la querelle iconoclaste. En 717, Léon III (717-741) monte sur le trône impérial. Jamais, depuis sa fondation, Byzance n'avait connu une période d'anarchie aussi longue : en 22 ans, sept empereurs s'étaient succédés. Cinq règnes avaient fini dans le sang. Léon, surnommé l'Isaurien bien qu'il ne le fut probablement pas, est né vers 675. Paysan, il devient général, il est devenu empereur en s'imposant face à son predecesseur, Théodose III. A ce moment là, la situation Byzantine est critique : le 1er septembre 717, un général devenu amiral, Soliman, assiège constantinople avec ses troupes. Mais Léon III était pret, et l'hiver fut l'un des plus cruels que connurent les Byzantins. Bientôt, les Sarrasins en furent réduits à manger leurs chevaux, leurs anes, leurs chameaux, puis la chair des morts. La famine entraina des maladies. Soliman mourut. Et quand l'été reparut, l'armée Bulgare tomba sur les Sarrasins pour en massacrer environ 22 000. Léon III avait ainsi justifié sa prise du pouvoir en sauvant son empire de la destruction. Pourtant, il ne doit pas sa gloire à ça, mais à sa position sur une querelle vieille comme le monde : l'art est-il un allié de la religion, ou un ennemi ? Une représentation visuelle de l'image de Dieu est-elle possible ? Et si oui doit-on l'autoriser, étant donné que l'utilisation des images pour diffuser les enseignements de l'Eglise était largement accépté dans tout le monde chretien.. Les byzantins hostiles aux images seront appelés iconoclastes. Les byzantins favorables seront appelé les iconodoules. Parmi ces derniers, un homme a profondément fait avancer la doctrine iconodoule. Il s'agit de Jean Damascène, connu aussi sous le nom de Saint-Jean de Damas. Il est né, comme son nom l'indique, à Damas, en Syrie, vers 650 et est mort vers 749. Il est donc un contemporain du premier iconoclasme. Bien que chrétien, il fut administrateur financier de haut rang sous le calife de Damas. En raison de l'hostilité du calife à l'égard des chrétiens, Jean de Damas démissionne de son poste vers 700 pour se retirer au monastère de Mar Saba, près de Jérusalem, où il est ordonné prêtre avant le début de l'iconoclasme. Grand polemiste contre l'Islam, il fut l'un des fondateurs de la doctrine iconodoule, et je m'appuierai sur plusieurs extraits de ses textes pour illustrer cet exposé..
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I. L'APPARITION DE L'ICONOCLASME
1/ Les exces du culte des images
Selon les iconodoules, quel est le rôle de l'image ? Elle doit enseigner l'histoire sainte aux illétrés. L'image necessite la vue, premier de sens car il est celui qui a permet de voir la création de Dieu. Les aveugles sont d'ailleurs considérés comme les victimes d'une malédiction divine. Cette fonction pédagogique, l'image la possède depuis les débuts du christianisme. Au IVe siècle, avec Constantin et l'Edit de Milan, l'Eglise acquiert un statut officiel. Elle s'enrichit et peut ainsi developper cette aide materielle à la foi. Ainsi nait une forme de culte qui concerne dans un premier temps la Croix et les reliques. A la fin du IVe siècle, se developpe une pratique qui consiste à peindre un potrait sur un petit panneau de bois. Dès le Ve siècle, le culte des images est associé à la croyance en des pouvoirs miraculeux de l'objet. La proskynèse (prosternation respectueuse) devant la Croix devient normal. Cet usage des images n'était alors que domestique. A partir du VIe siècle, l'usage de l'image devient public et officiel. Pour les byzantins, les images permettent de rendre accessible la présence secourable de la divinité. Mais cela s'applique également à l'Empereur. Jean Chrysostome admettait que la proskynèse doit s'appliquer non seulement à l'Empereur lui-même, mais aussi à ses portraits. On attribue même aux images d'empereur la réalisation de miracles. Mais ces images impériales perdent de l'importance dans la seconde moitié du VIe siècle, car l'empereur utilise lui-même désormais les images religieuses. Dans les années 560, pour collecter les fonds destinés à reconstruire une eglise de Syrie, les prêtres, en procession solennelle promènenent à travers toute l'Asie mineure l'image du Christ de Chamouliana. Durant le siège de Constantinople de 626, le partiarche fit peindre des icones de la vierge et du christ sur les portes ouest de la ville, puis fit conduire une procession qui fit le tour de la muraille derrière une image du christ. A la fin du VIIe siècle, Justinien II place le christ sur ses pièces. Et en 717, on promène sur la muraille des reliques de la vierge et des reliques de la Vraie Croix. L'Empereur s'incline et tente de placer l'Empire universel au niveau du dinvin. Au début du 8e siècle, les images religieuses sont devenues un fait majeur de la vie byzantine. Le clergé, les autorités, le petit peuple, les utilisent excessivement. Elles font l'objet d'une dévotion domestique et publique. Ils ont l'impressiond 'une union intellectuelle avec l'icone et donc avec la divinité, ce qui leur sert de pretexte au bien fondé de ce culte, face auxquel l'Empereur s'est soumis. Jusqu'à l'arrivée de Léon III.
2/ origines, causes et enjeux de l'iconoclasme
L'iconoclasme est un phénomène qui reste difficile à cerner car les sources iconoclasmes ont presque toutes disparues. D'où la difficulté de savoir précisément les orgines, les causes et les enjeux de l'iconoclasme.. Les sources iconodoules accusent les iconoclastes de penser commes les Arabes. Il est en effet possible que Léon ai été influencé par la proximité du monde musulman, pour qui l'idée même d'une représentation visuelle de Dieu est odieuse. En effet, la famille de Léon était très certainement originaire d'Anatolie orientale.En juillet 721, juste avant le début de l'iconoclasme, le calife Yazid avait promulgué un décret contre les images, applicable aux chretiens qui vivaient sous son autorité. Mais l'inspiration des iconoclasmes byzantins et arabes sont fort differentes. Les Arabes proscrivent toute représentation de la vie, y compris arbre et animaux. A l'inverse, les Byzantins remplacent les scènes de l'Incarnation par des abres, oiseaux et animaux. De plus, les chretiens de toutes les tendances sont hostiles à l'Islam. Les Arabes prèchent la guerre sainte, et Léon III, après avoir sauver Constantinople de ces derniers, passera sa vie à les combattre. Ce sont deux mondes qui ne se comprennent pas.
Les iconodoules ont également accusé les Juifs d'avoir inspiré les arabes et Yazid, et d'avoir, par conséquences, était l'un des moteurs majeurs de l'iconoclasme. S'il est vrai que les juifs considèrent les iconodoules comme des idolâtres, il est vrai également que Léon III les persécute. La critique juive des images chretiennes a pu joueur au départ, mais il ne semble pas qu'elle puissent constituer une explication de l'iconoclasme : les sources qui appuient la théorie sont tendancieuses, tardives, et ne resistent pas à la critique.
Tout semble donc indiquer que les influences exterieures ont été mineur dans l'apparition de l'iconoclasme. C'est donc surtout au sein de l'Empire, dans le christianisme orthodoxe, que se trouve les origines de l'iconoclasme.
En effet, les problèmes posés par l'Iconoclasme sont majoritairement christologiques. D'abord, des couleurs materielles ne peuvent représenter le divin. Ensuite, le concile de Chalcedoine a unit indissociablement les deux natures, divines et humaines, du christ. Or le divin ne saurait se laisser enfermer dans un dessin. Soit on représente à la fois les deux natures du Christ, en les confondant pour représenter le christ-homme et on tombe dans le monophysisme, soit on ne représente que la nature humaine du Christ, et dans ce cas on sépare les deux natures et on est accusé de nestorianisme. L'iconoclasme n'admet que les représentations symbolique et abstraites de la divinité : la Croix, l'Eucharistie et les Evangiles, par qui la parole de Dieu s'est faite chair. Face à celà, Jean rappèle que le christ est l'icone de Dieu, et que comme il est parfaitement homme, on peut le representer; faute de quoi, on est monophysite puisqu'on confond les deux natures.
Ensuite, le culte des images pose le problème de la transgression. En effet, ceux qui vénèrent les images sont des transgresseurs de la loi de Moïse, explicitée dans le second commandement. A celà, la réponse de l'iconodoule Jean Damascène est clair "si tu refuses les images à cause de loi, il est temps pour toi de pratiquer le sabbat et de te faire circonscire, celà la loi l'ordonne sans concession". Le sabbat, c'est le repos hebdomadaire des juifs, le samedi. La circoncision, c'est une pratique que l'on retrouve chez les juifs, mais aussi chez les musulmans, c'est l'excision du prépuce. Donc, ce que dit ici Damascène, c'est que Jesus est venu sur terre, il a donné une image à l'invisible.La loi, bien sur, c'est les dix commandement. Si tu la respecte, tu n'est pas chretien, tu es juif. Or, les Juifs n'ont pas reconnu Jesus. Ils l'ont assasiné. Pour eux, Jesus est un individu insignifiant, qui avait sa perception des choses, et qui a mal fini.. Ils sont donc resté à la Torah. Bien sur, la grace de Jesus, son sacrifice pour le salut des hommes, ça ne les concerne pas. Eux, ils bruleront en enfer. Mais, selon les iconodoules, les orthodoxes ont, eux, dépassé ça. Ils ont reconnu Jesus. En s'incarnant en Jesus, Dieu a levé l'interdiction de la Torah et autorisé la représentation de ce qu'il a bien voulu montrer aux hommes, c'est-à-dire le corps du Christ.
L'iconoclasme se révolte également contre l'ampleur prise par le culte des icones. En effet, ayant echappé à tous controles, les images saintes étaient adorées pour elles-mêmes et servaient parfois de parrains aux baptême. Les iconoclastes allaient jusqu'à reprocher aux iconodoules de prendre les icones pour des divintés. Or, ce n'est pas le cas. Dans l'Egypte pharaonique, la statue avait quelquechose de divin. Ici L'icone fait simplement office d'intercesseur entre Dieu et son adorateur. C'est pour protester contre ce qu'ils considéraient comme une idôlatrie flagrante qu'un certain nombre d'évêques d'Asie mineure optent pour le manifeste iconoclaste.
Enfin, il faut également percevoir les enjeux impériaux. Dans un Empire où l'usurpation est légitimé par la colère divine, Léon III cherchait les raisons de ce dernière afin de pouvoir y remedier et rendre incontestable son pouvoir, qu'il a lui-même usurpé. En effet, une éruption volcanique l'avait fortement impressioné et persuadé de la colère de Dieu, ainsi que les défaites face aux envahisseurs. En 680-681, le concile In Trullo avait condamné le monothélisme et donc mis fin aux hérésies christologiques. Donc, seul l'excès du culte des images pouvaient être blamés. Ensuite, l'iconoclasme était un moyen pour l'Isaurien de renforcer son pouvoir. L'autorité impériale semble en effet menacée. Les cinq prédécesseurs de Léon ont régné une moyenne de trois ans. L'iconoclasme lui fournit un pretexte à une réforme de l'Etat et de la société. Pour celà, Léon va tenter d'utiliser l'iconoclasme comme un moyen de glavaniser les energies par le developpement du sentiment nationaliste chretien. C'est ainsi que, de plus en plus, dans les textes, apparaissent les termes de nation chretienne et de patrie. Mais Léon III a pu aussi voir dans l'iconoclasme un moyen de renforcer son emprise sur les régions.orientales où vivent beaucoup de converis à l'Islam.
Enfin, pour réaliser une politique de cette ampleur, il semble que Léon III une conviction religieuse des plus solides. La chasse des idoles de la Maison de Dieu était ainsi, pour lui, un moyen de revenir à la pureté du culte.
3/ La guerre des images
En 725, Léon III prononçe une série de sermons dans lesquels il souligne les excès les plus flagrants des iconodoules.
Puis, en 726, il décide de faire un exemple : Face à l'est, vers Ste Sophie, se trouvait la porte impériale, qu'on appelait la Chalcé. Au dessus des imposantes portes de Bronze, figurait une grande icone dorée du christ, qui était attribuée à Constantin Ier. C'est cette image que l'empereur décide de détruire en premier. Pour toute l'historiographie, il s'agit de la première vraie action iconoclaste. Son acte est symbolique : dans son propre palais, l'empereur agit conformément à ses convictions, sincères ou interessés. La réaction populaire est immédiate : le chef de démolition est prit à parti par des femmes scandalisées et tué sur le champ. Ca c'est la version officielle. Cependant cette version est aujourd'hui contestée car aucune source contemporaine des evenements et digne de foi ne prouve l'existence même de cette icone.
Ce qui est sur, en revanche, c'est que d'autres manifestations suivirent, et que des mutineries éclatèrent tant de l'armée de terre que dans la marine. Les sujets européens de l'empereur ne laissèrent aucun doute sur leurs sentiments Ils adoraient et reveraient leurs images et ils étaient prêt à se battre pour elle. En 727, l'exarcat de Ravennes se révolte, soutenu par le pape, qui, en dehors de sa répugnance personnelle devant la destruction des images Saintes réprouvait aussi la présomption de l'Empereur qui s'arrogeait l'autorité suprême en matière de doctrine. L'exarque fut assassiné, tandis que les garnisons rebelles, toutes recrutées localement, choisissait leur propre commandant et affirmaient leur indépendance.
A la fin de l'année 730, Léon III fut à l'origine du seul édit contre les images. Toutes, ordonnait-il, devaient être détruites. Ceux qui désobeissaient seraient arrétés et punis. En Orient, le coup frappa surtout les monastères, dont beaucoup possédaient de superbes collection d'icones anciennes. Des centaines de moines s'enfuirent secretement en Grèce et en Italie emportant avec eux des trésors assez petites pour être cachés sous leur robe. D'autres se réfugièrent dans le desert de Cappadoce, bien pratique puisque les chretiens s'en servaient de sanctuaire pour se proteger des Sarrasins.
Pendant ce temps, en Occident, le pape Grégoire II condamne publiquement l'iconoclasme et écrit à Léon, lui proposant de laisser l'Eglise regler les questions de définition du dogme chretien. Léon III, dans un grand élan de diplomatie, envoie deux vaisseaux capturer le pape pour lui faire subir un sort peu enviable, mais ils coulèrent dans l'Adriatique, et avant que Léon III ne put lancer une autre offensive, le pape mourut. Grégoire III, son successeur, avait un avis relativement tranché, puisqu'il déclare que tous les sinistres individus qui poseraient leurs mains impies sur les saintes images seraient purement et simplement excommunié. Léon répliqua en transfertant les évéchés de Sicile et de Calabre, ainsi que bien d'autres, dans les Balkans, du siège de Rome à celui de constantinople. Dès lors, les relations entre Orient et Occident furent entachés d'une hostilité flagrante.
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II. MATIERE ET ESPRIT
1/ Le salut par la matière
Dès le IVe siècle, l'Empire a été sécoué par des querelles christologiques qui ont prit fin au concile de Chalcedoine, en 451, ou a été décrété que Jesus etait 1 en 2 nature indivisible, l'une humaine et l'autre divine. Lorsqu'ils se défendent, ce que prétendent les iconodoules, c'est que ce qu'il venere, ce n'est pas Jesus, mais Dieu, à travers son corps, qui sert donc, comme les icones, d'interecesseur, entre Dieu et celui qui le venere. Jean Damascène, dans sa défense des images, fait référence à la création du monde. Car a l'origine de l'univers, il y a la matière, mais la matière, d'où vient-elle ? du néant ? il faut bien que quelq'un l'ai crée, Dieu, selon Damascène. Dieu est ensuite venue dans la matière, suir terre, dans un corps materiel, celui du christ. Il est venu pourquoi ? Pour sauver les hommes. C'est le fameux salut par la matière. Alors, déjà, qu'est-ce que le salut ? dans le christianisme, action de Dieu en faveur de l'homme pour rétablir la relation d'alliance rompue par le péché et redonner à l'homme l'intégrité de sa vie, présente et à venir. Le salut est au centre de la Bible et du christianisme qui affirme que Jésus-Christ a sauvé tous les hommes. Il y a plusieurs perception du salut selon les testaments, ici, c'est celle du nouveau qu'il faut prendre en consideration. Celui-ci est centré sur le message de salut de Jésus-Christ. Le Royaume de Dieu qu'il annonce désigne en fait le monde sauvé par Dieu où l'unité entre les hommes et avec Dieu est rétablie. Ce Royaume apparaît comme imminent, et même déjà présent. Les guérisons et les miracles de Jésus représentent des signes qui indiquent la proximité du salut. Dès les premiers temps de l'Église, la mort violente de Jésus et sa résurrection furent considérées comme réalisant le salut annoncé par Jésus, tout comme son combat contre le Diable, sa traversée du desert, sa resistance aux tentations... Concrêtement, à l'issu de cette réaltion, les hommes ont gagné deux choses. L'ouverture de la porte du paradis, qui leur était fermée. Les pêcheurs peuvent obtenir la grace de Dieu s'ils se repentent. La mort du christ permet donc le passage d'un Dieu juste et sévère à un Dieu juste et miséricordieux, tandis que l'Esprit Saint guide les chretiens dans leur foi. Cet Esprit Saint permet au chretien de discerner le péché. Car se dire par exemple qu'on est libre de tout faire parce qu'on est pardonné si on se repend est un péché. Donc le Saint-Esprit guide aussi la morale des chretiens. Et ça c'est grace au salut. C'est la personne même de Jésus qui a réalisé ce salut. Et comme Jesus, c'est la version materielle de Dieu, c'est par la matière que Jean Damascène et les autres chretiens estiment avoir été sauvé.
2/ La matière, un culte justifié par sa fonction d'intercesseur avec l'Esprit
Le salut par la matière engendre chez les chretiens un respect et une forme modérée de culte. L'image n'est pas vénérée comme une divinité, mais comme l'oeuvre de Dieu, bénie par Dieu. Et là, il ne s'agit pas que du corps du christ, mais de tout ce que celui a touché, car tout ce qui a été touché par le christ a été béni par ce dernier. Dans sa défense des images, Jean Damascene prend une série d'exemple. Il parle notamment de la croix. ."N'est-ce pas matière que le bois de la croix, trois fois béni et trois foix heureux" Donc la croix, evidemment, est un objet chargé de symbolisme, puisque c'est sur celle-ci que le Christ a racheté les hommes, en connaissant un trépas relativement infammant puisqu'il a connu la meme mort que les vulgaires petits criminels, qui étaient également cruxifiés. Les lettres grecques X (khi) et P (ro) qui sont les deux premieres lettres du mot grec qui signifie Khristos furent réunies pour former le chrisme, qui deviendra un des éléments majeurs de l'art byzantin. Elle a été bénie une première fois par le sang de Jésus-Christ, une seconde fois par Dieu le père, et une troisième par l'Epsrit Saint. On lui accord un pouvoir "N'est-ce pas matière que la pierre nourricière et porteuse de vie, le St Sépulcre, la source de notre resurrection" Le Saint-Sépulcre, qu'est-ce que c'est ? il s'agit de l'ensemble des édifices construits à Jérusalem à l'emplacement de la cruxifiction du christ, où il fut enterré. Ce fut aussi le lieu de sa resurrection. Ce lieu est sacré pour les chretiens, et c'est un lieu de pelerinage pour les chretiens. La basilique fut construite par Constantin le Grand. "Nest-ce pas matière que l'encre noire et le très Saint livre des Evangiles ?".Les Evangiles sont les quatre récits de la vie et des enseignements de Jésus-Christ. Là encore, c'est quelque chose de sacré, les chretiens jurent dessus. "N'est-ce pas matière que l'or et l'argent dont sont fait les croix, les patènes et les calices". Les patènes sont des petits plats ronds déstinés à recevoir l'hostie, c'est-à-dire le pain eucharistique qui est donc senséêtre le corps du christ, quand au calice, c'est le récipient ou l'on met le vin qui est donc sensé etre song sang. Ce sont donc des objets qui sont entré en contact avec le christ au cours de la transubstantiation, et qui sont doivent donc etre vénéré. "Et surtout, n'est-ce matière que le corps de mon seigneur et son sang ?" Ici, Damascène met donc au même niveau tous ces objets materiels et le corps du christ lui-même, expliquant ainsi qu'ils ont la même fonction d'interecesseur entre Dieu et celui qui les vénère. Et c'est donc cette fonction qu'ont les images saintes, et c'est pour celà qu'il est tout à fait justifier de les venerer: "Supprime le culte et la la prosternation devant tout celà et la prosternation devant tout celà, ou bien obéit à la tradition de l'Eglise et admet que l'on se prosterne devant les images sanctifiées par le nom de Dieu et des amis de Dieu, et qui sont, pour cette raison, recouverte de la grace de l'Esprit Saint." Cette similitude entre le corps du christ, les objets divins et les saintes images fait qu'a partir du moment où on tolère la vénération et le culte de Dieu à travers le corps de Jesus, on tolère sa veneration à travers la matière en général et les saintes-images en particulier.
3/ Le dualisme Matière/Esprit
Pour les iconodoules, la matière est donc digne parce qu'elle vient de Dieu, et le nier, c'est être d'opinion manichéiste. Le manichéisme est une religion, aujourd'hui disparue, dont l'initiateur fut le mésopotamien Mani, au IIIe siècle. Leur avis sur la matière est très discuté par les chrétiens. La doctrine fondamentale du manichéisme est sa division dualiste de l'Univers, divisé en royaumes du Bien et du Mal : le royaume de la Lumière est celui de l'esprit, où règne Dieu, et le royaume des Ténèbres est celui de la matière, où règne Satan. À l'origine, les deux royaumes étaient complètement séparés, mais à la suite d'une catastrophe, le royaume des Ténèbres envahit le royaume de Lumière ; ils se mélangèrent et entamèrent une lutte perpétuelle. De ce conflit est né l'Homme. Le corps humain est matériel, donc mauvais ; mais l'âme humaine est spirituelle, morceau de la Lumière divine, et doit être rachetée de son emprisonnement dans le corps et le Monde. Le chemin de la rédemption passe par la connaissance du royaume de Lumière, communiquée par les prophètes, dont Bouddha et Jésus, et dont Mani est le dernier. Grâce à cette connaissance, l'âme humaine peut vaincre les désirs matériels qui l'emprisonnent et atteindre le royaume divin. Pour Jean Damascène, cette hypothèse est une hérésie. La matière n'est pas mauvaise a cause de son lien divin. Au pire, elle est l'oeuvre de Dieu. Au mieux, elle est Dieu lui-même, et mérite, du même coup, qu'on la venere. En revanche, l'homme, dont la tendance au péché a été prouvée, peut sombrer dans toutes sortes d'hérésies, qui sont ici dénoncées par Jean, car ces hérésies s'éloignent de Dieu. Même dans ce qui est issu de la matière, tout n'est pas a vénérer Là encore, Jean Damascene l'affirme : "Si quelqu'un osait fabriquer une image de la divinité immaterielle, incorporelle et invisible, qu'on ne peut ni figurer ni peindre, nous la rejetterions comme fausse. Et si quelqu'un la fabriquait pour la gloire, la vénération et l'honneur du diable ou des démons, nous la rejetterions et la détruirons par le feu" Dieu s'est donné un visage, celui du Christ. Tant que l'on représente cette image qu'il a donné aux hommes, cette image peut être divinisé. Car elle est Dieu en tant que matière. Mais si quelqu'un s'amuse à représenter Dieu en tant qu'esprit, alors c'est un hérétique et son oeuvre ne doit en aucun cas être vénéré, car c'est ici que pour Damascène se situe la limite entre le Bien et le Mal, et non pas entre la matière et l'esprit, même s'il concède que la matière ne peut etre mise au même rang que l'Esprit. "Si un homme divinise l'image d'un oiseau, d'un serpent, ou de toute autre créature, nous lui jetons l'anathème". L'anathème est tout simplement la sentence d'excommunication, et elle trouve sa justification ici dans le viol de la loi de la Torah que j'ai cité tout à l'heure. Seules les images conçuent à la gloire de la version materielle de Dieu ou qui encourage le culte des Saints doivent etre vénérées, car Dieu les a recouvert de sa grace.
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III. LE CULTE DES SAINTS
1/ Un culte contesté
L'un des éléments majeurs de la religion chretienne grecque est le culte des Saints et de leurs reliques qui y tient une place plus grande encore que dans l'Eglise latine. Les saints étant considérés comme prenant part au gouvernement de la toute-puissance de Dieu, et apparaissaient au peuple comme aussi puissants que bons. Comme ils devaient unir à leur puissance une affection toute particulière pour l'espèce humaine dont ils avaient fait partie, et vraisemblablement une sincère indulgence pour les faiblesses qu'ils avaient eux-mêmes éprouvées, il était naturel qu'on s'adressât à eux plus volontiers qu'à Dieu; de sorte qu'ils devinrent de nouveaux médiateurs entre Dieu et les humains, médiateurs auxquels on rendait un culte plus assidu et plus fervent qu'au Christ lui-même. Plus l'usage se répandait d'adresser des prières aux saints, plus le peuple admettait sans réserve qu'ils entendaient ces prières. Tous les tombeaux des saints sont l'objet de vénération, de pelerinages. Le culte des reliques fait partie de ce culte des saints et a une importance majeyur dans l'Eglise d'Orient. Constantinople est d'ailleurs plus célèbre pour le culte de ses reliques que pour celui des images. On les utilise contre les maladies, les dangers, et accomplissent nombre de mircales privés et même publique. Ainsi, avant le début de l'iconoclasme, en 718, Léon III a frappé de la Croix les flots pour disperser la flotte arabe. Parmi les adversaires notoires de ce culte, on trouve, dès le commencement, Vigilance (fin du IVe siècle), et, àprès lui, les iconoclastes. L'une des grandes accusations portée contre le culte de saints et qu'il conduit au polythéisme. Dans ses traités sur les images, Jean Damascène réfute cette accusation et s'appuie sur la dévotion aux reliques pour proner celle aux icones. Pour ces derniers, le culte des Saints pose un problème grave : celui de la divinisation de personnes qui ne sont pas divin, mais bien humain, et de les assimiler, par cette pratique, au rang de Dieu. C'est pour celà que, même si les iconoclastes, eux, interdisent toute adoration, qu'il s'agisse de Jesus, de sa mère, ou des saintscertain tolèrent, à la rigueur, la fabrication et l'adoration du Christ, ou encore de sa mère, mais interdisent le culte des saints. C'est à eux que Jean Damascène s'adresse ici, car le culte des saints, est, à ces yeux, aussi justifié que celui de Jesus et de sa mère, tout simplement parce que les Saints sont aussi divins que ces derniers, ce que nous allons voir dans une deuxième sous-partie...
2/ La divinisation des saints
Selon Jean Damascène : "Jean le théologien, qui a reposé sur le sein de Dieu, dit "parce que nous serons semblable à lui." En effet, de même que le fer qui s'unit au feu devient feu non par nature mais par l'union, l'inflammation et la participation, de même ce qui est divinisé devient Dieu non par nature mais par participation, de même ce qui est divinisé devient Dieu non par nature mais par participation. Je ne parle pas de la chair du fils de Dieu qui s'est fait chair, car celle-ci a été divinisée par l'union selon l'hypostase et par participation à la nature divine, sans changement, ointe non par la puissance divine, comme l'ont été chacun des prophètes, mais par la présence totale de celui qui oint. Les saints sont des dieux par la divinisation." Jean Damascène utilise ici un argument d'autorité en s'appuyant sur Jean le théologien. Qui est-ce ? Il s'agit au départ d'un fils de pêcheur originaire d'un pauvre village de Galilée nommé Bethsaïde. Mais, surtout, il était le fils de Salomée, la fille de Joseph le Fiancé de la Mère de Dieu. En effet Joseph avait eu de son premier mariage quatre garçons: Jacques, José, Judas et Simon (ou Siméon); et trois filles: Esther, Marthe et Salomée. C'est pour cette raison que Jésus Christ était l'oncle de saint Jean le Théologien, puisque demi-frère de sa mère Salomée. Un jour, alors que Jean aidait son père à la pêche, il fut appelé par le Seigneur, et le suivit. Il suivit donc un enseignement de virginité et d'ascèse et devint, entre tous les disciples, le disciple bien-aimé. Son intimité avec le seigneur était telle qu'il fut l'un des trois à monter avec lui sur la montagne de Thabor, que Dieu le choisit pour s'asseoir à ses côtés, pour reposer sur son sein lors de la Cène mystiques, et qu'il a demandé, emporté par son amour pour Dieu, a s'asseoir à la droite du seigneur. Ce saint, par cette phrase, assimile donc le statut des saints à celui de Dieu. Celà peut pairaitres très présomptueux, mais Damascène justifie cette affirmation par la métaphore du feu et du fer. Ici, le fer correspond au divin et le fer au saint. Ces saints se sont consacrés totalement à Dieu, ont connu une communion totale avec lui. A leur mort, ils rejoignent Dieu, font corps avec lui, sont divins. C'est donc cette participation intellectuelle au divin qui autorise leur divinisation. Jean Damascène oppose cette divinisation des saints à celle du christ, dont la divinisation a été effective par la présence même de Dieu dans le christ, selon l'hypostase, le contraire de la consubstantiabilité, c'est-à-dire chacune des trois personnes divines considérées comme substantiellement distinctes.
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Léon III l'Isaurien, comme Heraclius avant lui, a sauvé le monde occidental. Mais alors que ce dernier avait tenté de mettre fin aux querelles religieuses, Léon les a volontairement renforcées en adoptant la politique iconoclaste. Dans sa défense des images, Jean Damascène tente bien de résoudre la division, mais sa justification ne peut-être efficace, car elle se contente de proposer des réponses réfutables à la surface du problème, sans répondre à la question essentielle : si l'image est de même nature que le prototype, et si on admet que le prototype est parfaitement homme et parfaitement dieu, comment peut on enfermer le prototype dans une image. Justifier le culte des images par l'Incarnation ne suffit plus en ce temps de crise religieuse, et c'est la raison pour laquelle ce texte ne parviendra nullement à atteindre son but, et que Jean Damascène mourra en laissant une Eglise plus divisée que jamais. Plus tard, les iconodoules vont comprendre leur erreur et définir une théologie qui soutiendra que l'image ne saurait être de même nature que le prototype. L'image est relative, et se réfère à un modèle dont elle ne saurait partager la substance. L'image du christ ne se confond pas avec son essence, mais renvoie à la dimension humaine du Christ et exprime le mystère de l'incarnation. L'image dépasse donc la fonction pédagogique définie par Damascène, mais devient un instrument indispensable au vrai chretien. Cependant, malgré l'établissement de cette doctrine, il n'en demeure pas moins que l'opposition entre ces deux approches irreconciliables de la reprsentation divine va durer et il faudra attendre 843 pour assister au rétablissement definitif des images.
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