Catilina, en detail dans la fresque de Cesare Maccari, Cicero e Catilina (1882-1888)
Pompée (106-48av JC) consacra l’hiver 65-64 à la prise de contrôle du royaume de Mithridate. Revenant à Rome avec une victoire et ayant étendu l’Empire, la gloire lui est promi. Cependant la politique de Rome est sous tension en effet on distingue des complots dont le plus important est celui de la conjuration de Catilina à l’automne 63. Il a notamment été décrit par Suètone (69 - 140 env), auteur issu de famille équestre natif d'Italie. Il est admis par l ‘empereur Trajan à faire partie « des juges sélectionnés » (98-103apr J-C). En 113-117, Suétone est nommé secrétaire impérial « aux études » (a studdi) et ensuite secrétaire des bibliothèques impériales. Ces deux fonctions se placent sans doute à la fin du règne de Trajan. En 117-122, Suétone est secrétaire d’Hadrien à la correspondance (ab epistulis latinis), en 122 il quitte la cour victime de rivalité, on perd toute trace de lui après 122. Son œuvre la vie des douze Césars est une biographie impériale. Suétone accorde beaucoup d’importance aux empereurs (éducation, origine, carrière, mort…) ce qui intéresse Suétone ce sont les habitudes de vie. Chercheur consciencieux il a utilisé diverses archives notamment impériales (Acta Senatus), des pamphlets, des graffitis dans Rome, la vie des soldats… Il y a huit livres en trois parties, de César à Néron (six premier livres sur période des Julio-claudien), un livre pour les trois empereurs de 69apr J-C (septième livres) et un livre sur la dynastie des Flaviens (huitième livres). Le début du premier livre est mutilé et commence lors de la seizième année de vie de César. Suétone est un contemporain de la vie de César. En l’année 64 avant J-C, Pompée réorganise l'Orient : le Pont, la Syrie et la Cilicie deviennent provinces romaines, l'Arménie, la Cappadoce, la Galatie, la Colchide et la Judée des États vassaux. Catilina est battu par Cicéron aux élections consulaires pour l’année 63, et il se fait alors le champion de la cause aristocratique et des vétérans de Sylla. Et il commence à organiser une nouvelle conspiration. En 63, C. Julius Caesar est préteur et grand pontife ce qui lui donne une place importante dans la hiérarchie des prêtrises. Cicéron consul accorde en 63 les pleins pouvoirs à Pompée, dans sa lutte contre Catilina et ses complices, Cicéron prononce à cette occasion un célèbre discours les catilinaires. A la séance du 5 décembre 63 sur la colline du Capitole, la décision du devenir du Catilina est très discuté, en effet César (populares) ne souhaite pas la mort des conjurés mais leurs emprisonnement dans des villes séparées et la confiscation de leur biens, de nombreux sénateurs approuvent l’opinion de César ainsi que Cicéron mais Caton par un discours très persuasif fait basculer l’opinion du Sénat en sa faveur. César menacé de mort décide de capituler et cède face aux optimates. Le passage peut être étudié en suivant deux grands axes ; le rôle de César lors de la découverte de la conjuration de Catilina et l’échec de tentative de César face à Caton.
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I°] Le rôle de César lors de la découverte de la conjuration de Catilina
A) Le rôle politique de César
César homme politique romain né à Rome le 13 juillet -101 et mort le 15mars -44, dans une vieille famille patricienne alliée à Marius,la gens Julia, il noue très tôt des liens avec les populares. Il est questeur en Espagne Ultérieur en 69. En 67, il se rapproche de Pompée et de Crassus et devient un membre important des populares. En 63 à l’âge de 38 ans (âge minimum) il est élu préteur puis grand pontife, il apparaît alors comme le leader des populares. César a un rôle politique important en 63, en effet sont titre de préteur lui impose de s’occuper des questions de justice et des tribunaux romains, c’est notamment pour cela que César intervient dans le sort des conjurés. De plus il est grand pontife c’est à dire membre d’un collège de 16 prêtres sous un grand prêtre, il a une dimension religieuse dans la société romaine. César a acquit le peuple romain notamment lors de son édilité en 65 où il donne aux citoyens romains des jeux fastueux et des combats de gladiateurs, il veut montrer aux sénateurs l’importance de l’opinion de la plèbe expliquant par double sens qu’il a acquit le soutien de la plèbe en partie lors de son édilité. Grand ami de Pompée et de Crassus, César connaît Catilina et aurait secrètement encouragé la conspiration de Catilina, la conspiration de Catilina avait pour but de renverser la République romaine et le Sénat aristocratique. Issu d'une famille noble appauvrie, Catilina sert pendant les Guerres Sociales avec Pompée et Cicéron sous les ordres de Pompeius Strabo. Puis il soutient Sylla lors de la guerre civile de 84-81 av. J.-C. En 73 av. J.-C. il est accusé d'adultère avec une vestale, Fabia, qui était la demi-sœur de la femme de Cicéron. Il devient préteur en 68 av. J.-C. et gouverne la province d'Afrique pendant les deux années qui suivent. À son retour il est poursuivi pour abus de pouvoir et acquitté puis en 66 av. J.-C. il est accusé de conspiration avec Autronius et Sylla, mais cette conjuration nous est mal connue. En 64-63, Catilina, P.Cornélius, P.Autronius, L.Cassius, C.Cornélius, P.et Ser.Cornélius, L.Vargunteius, Q.Annius, M.Portius, L.Calpurnius et Q.Curius étaient tous sénateurs, pour certains d’entre eux de rang prétorien, appartenant à des familles reconnues et souvent patriciennes. Ils avaient subi des échecs au cours des années précédentes et ils estimaient que des positions qui leur étaient dues étaient désormais confisquées par une poignée d’individus dont certains, à commencer par Pompée, n’avaient pas la même ancienneté familiale qu’eux. Ils s’étaient acquis la complicité de membres de l’ordre équestre et de personnage influents municipes et espéraient se gagner le concours de Gaulois. Leur objectif était de réussir un coup d’Etat qui leur permettrait de prendre par la force le pouvoir que les élections leur avaient refusé. Cicéron informé du projet notamment par une femme ; Fulvia ; averti le Sénat, démasqua les coupables au cours de séances fameuses, il obtient de l’assemblée un sénatus-consulte ultime et une déclaration qui faisait des conjurés des ennemis publics. Quel sort pour les conjurés, quelles sont les conséquences de cette conspiration ?
B) Les conséquences et décisions sur le sort des conjurés
César porte une grande influence sur les sénateurs présents et sur le consul Décimus Silanus et réussi à convaincre également le frère du consul, Cicéron, qu’il « fallait emprisonner les conjurés séparément dans des villes municipales en confisquant leur biens » (Suètone) Pourquoi César propose t-il ce châtiment au lieu d’approuver ce que les autres sénateurs voulaient au départ c'est-à-dire la mort ?
César est un patricien et la plupart des conjurés sont également patriciens, de plus il est aimé par la Plèbe (cf. : édilité de 65 notamment par les grands jeux offerts à Rome ainsi qu’en 64 ou il profite de la présidence de la quaestio de sicariis c’est à dire de la question des assassins pour faire condamner des meurtriers des marianistes proscrit par Sylla et acquérir ainsi la reconnaissance et l’adhésion de leur descendance.) et il ne veut pas choquer l’opinion publique qui fait sa force dans sa carrière, avec au début l’appui de Cicéron (108- 44 av.J-C) homme politique de l’Etat romain et célèbres pour ses Verrès, d'une famille de rang équestre, Cicéron fut envoyé à Rome pour étudier le droit: il eut notamment pour professeurs les plus célèbres jurisconsultes de l'époque. Cicéron fit son service militaire à 17 ans: il se trouva sous les ordres de Pompeius Strabo, père du Grand Pompée, pendant la guerre sociale; c'est vraisemblablement à cette époque qu'il fit connaissance avec Pompée revenu par la suite à ses études de droit, Cicéron est un homme d’une grande éloquence. Cicéron en effet acquiesce l’avis de César puisque ses amis et lui-même jugent que cette solution est la plus sûre pour lui parce qu'en laissant vivre les coupables il aura moins à craindre les reproches.
César fût très convaincant dans sa proposition sur le sort des conjurés, on remarque par exemple le consul Décimus Silanus essaya de se rattraper sur le sort qu’il avait prononcé pour les conjurés, les sénateurs avaient dans le but de mettre à mort les ennemis de la patrie en effet, César plaide la clémence, ses arguments sont clairs, d’abord, il est contraire aux lois romaines de mettre à mort les inculpés, la peine normale est l’exil, et la peur ne justifie pas plus une mesure exceptionnelle. Condamner les conjurés à la peine capitale serait créer un dangereux précédent, que pourraient invoquer par la suite les consuls moins intègre que Cicéron. Et de toute façon la mort ne serait en rien un châtiment assez dur pour flétrir les coupables ; mieux vaut donc les exiler dans un municipe et confisquer leurs biens.
César aurait réussi à sauver de la mort les conjurés si M. Porcius Caton (Caton d’Utique) n’avait pas prononcé un fameux discours qui renversa en sa faveur l’opinion du Sénat. Caton répond avec indignation aux propositions de César, car selon lui, seul la mort peut assurer un châtiment mérité aux inculpés et la sécurité de l’Etat, accusant par ailleurs indirectement César de complicité avec les conjurés.
Pourquoi César subit-il un échec, peut-on voir une influence de cet échec sur sa politique ?
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II°] Echec d’une tentative de César face à Caton
A) L’intervention de Caton au Sénat
L’intervention de Caton provoque une fissure dans l’influence de César au Sénat. En s’opposant à l’exécution des conjurés César réaffirme ses positions populares. Mais qui est Caton ? Caton est né en 95 av. J.-C. et mort en 46 av. J.-C. à Utique (Tunisie actuelle) c’était l’arrière-petit-fils du censeur de 184 Caton l’ancien. En 63, il n’avait encore géré que la questure (gestion du trésor public à Rome et dans les provinces), mais s’y était distingué par la rigueur avec laquelle il avait géré les compte de la cité. Reprenant le modèle de son ancêtre, il se donnait l’image d’un défenseur de l’équilibre civique traditionnel. Il apparaît comme un opposant politique de César.
Le discours de Caton au Sénat lui permet de rallier les sénateurs à sa cause, en effet le Sénat est divisé et fragile sur la décision à prendre sur le sort des conjurés et notamment sur Lentulus. Les argument qu’utilise Caton pour convaincre le Sénat s’appui sur les dangers pour le salut de l’Etat, montrant que la clémence demandé par César est peu justifiée étant donné la gravité des actes commis par les accusés. Poussant même à l’accuser indirectement selon les dires de l’écrivain Salluste. Les arguments de Caton sont supérieurs à ceux de César notamment dans leur formes et leurs forces, c’est à dire la préservation de la république.
Quelles vont-être les conséquences du discours de Caton sur César ?
B) Les conséquences du discours de Caton sur César
« César ne renonce pas à son opposition » (S), ces deux hommes qui s’affrontent sont représentatifs des tendances politique, d’une part on voit une recherche acharnée d’une supériorité qui irait jusqu’au projet monarchique (César) et de l’autre, la revendication conservatrice d’une égalité entre les meilleurs dont l’enjeu était le maintient dans la hiérarchie du pouvoir (Caton), pour César renoncer à son opposion c’est donner la victoire à ses opposants politique, mais les conséquences du discours de Caton et l’acharnement de César à rester sur ses positions l’entraîne dans une situation difficile.
En effet, « une troupe de chevaliers romains qui se tenaient en armes autour de la curie pour la garder, le menaça de mort en dirigeant contre lui ses glaives dégainés » (S) certains sénateurs vont jusqu'à dire que César a plaidé la clémence par sympathie politique avec les conjurés plus que par souci d’humanité et de bon sens, et également pour essayer d’avoir une main mise au Sénat pour un changement de régime, d’où la menace de mort qui pèse sur lui.
Parmi le Sénat un groupe d’ami de César dont Curion le sauve in extrémis, amis populares certainement puisque c’est bien l’œuvre de ses opposants politiques les optimates qui ont essayé de le tuer peut-être avec l’accord de Cicéron. Par conséquent, par peur. César ne s’opposa plus à l’exécution des conjurés.
Cicéron est porté en triomphe et est nommé père de la patrie, les opposants politiques de César ont gagné, par peur de nouvelles représailles. César décide de ne plus paraître à la curie pendant le reste de l’année.
Les conséquences du discours de Caton ont un impact important sur la vie politique de César puisque c’est un échec pour lui, et un impact sur la vie de César puisqu’il faillit être assassiné. Le discours de Caton a pour influence de conforter certains sénateurs dans leur idée de l’exécution des ennemis publics de Rome et pour d’autres de choisir la solution de la mort.
* ** Grace au texte de Suètone, nous disposons de renseignements précieux sur l'attitude de César lors de la conjuration de Catilina et sur l'opposition entre les populares, les optimates et la volonté de César d'affirmer ses décisions. Cependant, il faut souligner que le texte de Suètone comprend des insuffisances quand aux déroulements réels de la conjuration de Catilina (8 nov. 63 : interpellation de Catilina : il dit quitter Rome, 9 nov. 63 : soulagement dans Rome après le départ de Catilina, 3 déc. 63 : discours devant le peuple Romain pour lui révéler toute l'affaire), de plus il n’est pas fait mention dans le texte des hommes qui ont été capturés et qui vont être condamnés, Catilina n’a pas été encore capturé lors de la séance du 5 décembre 63, et enfin le texte ne dit pas les arguments utilisés par Caton pour réduire la proposition de César sur le sort des conjurés.
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