L’eau joue un rôle extrêmement important dans l’installation des villes en Asie du Sud-Est, ainsi, il existe deux sites possible d’installation : l’un fluvial, l’autre portuaire. Tous bénéficient de caractéristiques, atouts et contrainte différentes. D’autres part, l’eau constitue une place importante dans l’établissement des villes.
Le choix de l’installation sur des sites portuaires est ancien, puisque ces furent les capitales de différents royaumes agraires. La location de tels types de villes induit plusieurs atouts mais aussi la contrainte dues franchissement fleuve.
La majorité des sites fluviaux sont situés sur le delta d’un fleuve à son embouchure, ce qui permet de qualifier une grande partie des villes sud-est asiatique de sites « aquatiques ». Plusieurs contraintes se posent à l’établissement de ces villes.
À Hanoi, l’interpénétration terre/mer est constante. La ville d’Hanoi est située dans le delta du Tonkin, sur une zone de divagation du fleuve Rouge. Le rôle de l’érosion sur les rares collines à conduit à ce que les trois quarts du delta sont situés en dessous de cinq mètres d’altitude. La ville est ainsi sujette aux inondations
Le franchissement du fleuve est également problématique ce qui conduit à une localisation particulière de l’habitat et des populations. Les Viet sont les premiers à s’installer à l’embouchure du fleuve Rouge.
Phnom Phen est un carrefour fluvial situé sur une zone de diffluence des eaux du . Le fleuve induit également la localisation des habitants. En effet, la pondération du fleuve induit la localisation des activités en aval du fleuve puisque l’amont reste sujet aux inondations. Puis, la construction sur un bourrelet de berge au XIVe siècle induit un développement linéaire de la ville.
La localisation sur un delta ou une embouchure de fleuve est aussi vraie pour Bangkok ; la ville est située dans le golf de Thaïlande, sur le delta du Chao Phraya. En 1782, l’installation de la ville se fait sur la rive gauche du fleuve, dans un lobe de méandre dans une plaine alluviale.
Cependant, ces sites ne présentent pas que des contraintes, et disposent d’atouts importants : il s’agit de sites favorables pour la riziculture et la pisciculture, d’autre part, ce sont des liens commerciaux.
Le delta du Tonkin est un espace plat formé sur une dépression tectonique comblée par des alluvions. Et l’importance du relief alluvial induit la localisation de l’habitat et de la mise en valeur du sol, propice à la riziculture.
Le site d’Angkor, à proximité du grand lac cambodgien, au cœur de la plaine centrale est propice également à la riziculture aquatique et à la pêche. Le poids de la ville décline au XIVe car son système d’irrigation était à ses limites.
Phnom Phen dispose à la fois d’un fleuve navigable et constitue une région de limonage qui permet une culture pisicole. Lorsque le fleuve se retire après les inondations, l’amont du fleuve constitue une barrière à poisson, ils restent prisonniers de la végétation et sont ainsi récupérés.
Le fleuve = Bangkok constitue un poids important car par la remontée de la marée la ville dispose d’un poids fluvial et maritime.
Enfin, le site de Kuala Lumpur « estuaire boueux » est à l’origine un lieu de ressources économique. Vers 1860, le site est un campement de mineurs chinois attirés par les gisements d’étain d’Ampang. Ils remontent la confluence de la rivière Gombak d’où il leur est facile de rejoindre les gisements de cassitérite. Le site originel est placé sur la rive gauche du fleuve Kelang. Ainsi, le fleuve constitue le seul lien avec l’extérieur.
C’est parce que ces atouts économiques et ces liens commerciaux sont important que les colons occidentaux décideront de s’installer dans ces villes en effectuant toutefois des aménagements urbains. Cependant, avant de s’installer plus en avant davantage dans l’intérieur des terres, ils s’installent sur les sites portuaires.
L’établissement d’une ville sur un site portuaire est ancien, il date du XVIe siècle, lorsque les premiers colons parviennent à accéder par voie maritime dans la région d’Asie du Sud-Est.
En effet, la forte présence de la mer induit une entrée précoce de la région dans l’économie marchande, et notamment des villes maritimes. La période coloniale confirme donc la domination des côtes puisque ce sont les villes situées sur les côtes ou ayant un débouché sur la mer qui sont utilisés comme base de stockage des produits exotiques à exporter. Ainsi, il est possible de citer quelques villes telles Manille, Bangkok ou Batavia, futur Djakarta.
À l’époque contemporaine, ces villes ont perduré tout d’abord parce qu’elles sont un enjeu stratégique mais aussi car un potentiel économique est réel.
La place et le rôle de la mer sont importants en Asie de Sud-Est. Tout pays a un débouché sur la mer, notamment sur la mer de Chine méridionale sauf le Laos.
Les mers Sud-Est asiatiques sont mises en valeur et convoitées. Certaines sont « internationales » comme la mer de Chine méridionale, d’autres ne sont que « régionales".
La mer de Chine méridionale constitue une véritable Méditerranée Sud-Est asiatique. Elle est bordée par une succession d’îles percées par des détroits donnant accès aux autres mers de la région, tout comme aux deux océans.
Tous ces plans d’eau sont reliés entre eux par des passages qui se succèdent et se juxtaposent. Ces détroits sont des voies de circulation et d’accès à des espaces d’importance stratégiques considérables : Océan indien et océan Pacifique, car ces deux océans rejoignent les mondes qu’ils abordent.
Les détroits les plus empruntés sont ceux de Malacca (Malaisie), de la Sonde (Philippine) et de Luçon (Philippines).
Ainsi, la position de l’île de Singapour est stratégique car elle est située à l’extrémité méridionale de la péninsule Malaise et du détroit de Malacca. Au fil de l’histoire, pour des raisons liées aux conditions de navigation, de peuplement et à la politique des entières, ce passage devenu le plus important entre les Océans Indien pacifique. En effet, à partir de l’ouverture du canal de Suez en 1869, l’île devient une étape obligatoire du chemin des commerçants occidentaux. Mais, c’est à partir du XIXe siècle qui commence à jouer un rôle éminent dans le commerce international. Ainsi, l’île constitue le 2e port du monde en marchandises manutentionnées derrière Rotterdam et pour le transport de conteneurs derrière Hong Kong.
De plus, ces territoires sont des lieux de ressources en richesses halieutiques. Cette richesse est due à la convergence de trois facteurs : la présence d’une vaste plate-forme continentale, de grandes quantités d’eau chargée de matières nutritives déversées par les fleuves de la région, et des eaux uniformément chaudes pendant toute l’année.
D’autre part, les mers de la régions sont peu profondes, elles sont ainsi particulièrement sensibles à l’enrichissement non seulement par les eaux limoneuses des puissants fleuves du continent, mais aussi par les nombreux cours d’eau qui drainent les terres de l’archipel. Elle peut entretenir d’importantes quantités de crustacés de poissons qui font l’objet de convoitises des flottes locales.
Ainsi, en Indonésie – pays dont la surface maritime est la plus importante avec 5 410 139 km², le poisson et les crustacés représentent la principale source de protéines dans l’alimentation de la population.
Une part non négligeable de ce poisson provient du domaine terrestre : lac, cours d’eau, marécages, étant de pisciculture et rizière. Mais la majeure partie de la production nationale est assurée par des pêcheries maritimes qui emploient plus de 1,5 millions de personnes. Depuis 1983, les chalutiers tant étrangers qu’indonésiens sont interdits dans la plupart des mères nousantariennes en particulier dans cette mer centrale dont les ressources ont fait l’objet d’une surexploitation.
L’eau, en Asie du Sud-Est, est très présente dans la vie quotidienne des population. En effet, la région bénéficie d’une importante pluviométrie ce qui induit une agriculture particulière : la riziculture. D’autre part la région est dominée par le régime de mousson et le taux d’humidité annuelle de la région avoisine les 80 %.
Ainsi, l’eau anime un imaginaire collectif et social en imprégnant le mode de vie des populations.
En Asie du Sud-Est, la localisation et l’installation des villes est conditionnée par la géomancie, c’est-à-dire par la valeur symbolique de la position de chaque élément. C’est l’art d’arranger la résidence des vivants et des morts pour que tout soit en harmonie avec les souffles cosmiques. Et l’eau constitue un aspect essentiel.
Cette géomancie est à la fois perceptible dans les ruines d’anciennes cités agraires mais aussi dans les grandes villes contemporaines, héritières de ces cités. En effet, cet aspect symbolique apparaît moins important des villes portuaires qui ont été construites selon un modèle européen. L’influence bouddhiste et taoïste est dans ces deux cas bien perceptible.
L’exemple d’Angkor, ancienne cité à agraire au Cambodge, aujourd’hui en ruine, comporte de nombreux vestiges de la géomancie de la construction de la ville. Les influences ont été multiples ce qui rend le site complexe à déchiffrer et à comprendre.
La capitale du royaume Khmer a été imprégné de culture indienne ; elle a été conçue comme un mandala, une représentation ésotérique du monde. La Palais représente le centre du monde tel le mont Méru.
La citadelle est entourée de douves qui représentent les quatre océans entourant le mont Méru. Enfin, le temple Neak Peam représente le lac Anavatpa d’où sont issus les quatre fleuves qui irriguent le monde : la Ganges, l’Indus, l’Oxus et le Tarim.
La construction de Yoyakarta en Indonésie répond également à une préoccupation géomancique. Le kräton est entouré d’un mur et de douves, le cœur de celui-ci représente le mont Méru et au sein de celui-ci la présence de sept grandes cours représente les sept océans du monde.
À Hanoi, c’est l’influence chinoise qui a prévalu. La ville est située au centre du pays et au centre de quatre points cardinaux. De même qu’il existe un dualisme de plusieurs facteurs - dedans/dehors, avant/arrière – il existe une interpénétration de la terre et de la mer.
En effet, l’eau est le reflet terrestre de la voûte céleste et renvoie à la trilogie de l’harmonie entre le ciel, la terre et l’homme.
L’influence du sacré et de la géomancie apparaît dans l’établissement des villes, et l’eau est un acteur important de la manifestation de la sacralité.
L’installation de l’homme en Asie du sud-est, sur des sites qualifiés d’aquatiques induit une nécessaire maîtrise des eaux par l’aménagement de constructions hydrauliques. Une interpénétration entre le milieu naturel et sa population a donc lieu.
Or, ces aménagements sont nécessaires à toute extension de la ville lorsqu’il faut se protéger des eaux mais ils permettent également une extension du territoire lorsque celui-ci est trop étroit. Enfin, les aménagements hydrauliques permettent le stockage des eaux pour être utilisées par les populations.
Plusieurs aménagements ont pour but de protéger les populations et les activités des désastres que peuvent causer les eaux des fleuves. Il s’agit également de réduire ou de condenser l’importance prise par le fleuve pour installer une activité humaine. Ainsi, la construction de digues et de canaux se développe dès l’installation de populations sur ces sites.
La ville d’Hanoi est située dans le delta du fleuve Rouge; le site est sujet aux inondations. D’autre part, le site présente l’inconvénient du franchissement difficile du fleuve Rouge, c’est pourquoi le site originel est placé sur la rive droite du fleuve Rouge. Avant même l’arrivée des Européens au début du XIXe siècle des aménagements pour se protéger des crues du fleuve ont déjà été aménagés. Les Viets ont construit des digues le long des cours d’eaux, elles entourent la ville, d’autres sont construites plus au nord et au sud du fleuve.
La ville est ainsi protégée et l’extension de la ville se fait pas l’extension des digues. D’autres part, il faut remarquer que le développement de la ville se fait de façon linéaire ; la construction des réseaux de communication et de l’habitat suit la construction de ces digues.
Avec les digues, des canaux d’irrigation et de drainage permettent de gérer les manques et les excès d’eau, au niveau des cours d’eau internes et des rivières. Les canaux, qui se divisent en trois niveaux, sont reliés à des stations de pompage ou à des écluses sui font entrer ou sortir l’eau du périmètre d’irrigation.``
Le développement d’une périphérie à Hanoi est récent, après 1975 et après 1986, mais son développement de fait principalement sur la rive droite du fleuve Rouge, moins sujet aux inondations, qui constitue toujours un obstacle majeur. Sur la rive gauche, les constructions s’effectuent sous la forme de bandes qui suivent les axes de communications, eux-mêmes protégés par des digues qui se sont étendues à mesure que s’est développée la ville.
L’installation de la ville apparaît donc tributaire du fleuve, tandis l’extension de la ville est tributaire des aménagements hydrauliques effectués pour se protéger du fleuve Rouge.
Phnom Phen, capitale du Cambodge, est tout comme Hanoi situé sur un carrefour fluvial, sur une zone de diffluence du Mékong. De plus, l’exutoire du Tonlé Sap induit une localisation des activités et des populations à l’aval du fleuve. L’espace urbain de la ville a peu changé depuis sa construction.
Phnom Phen est né sur un bourrelet de berge au XIVe siècle ce qui a induit son développement linéaire. Au XIXe siècle, les Européens qui s’installent procèdent à des remblais hydrauliques pour permettre l’évacuation des eaux en surplus.
Les aménagement hydrauliques effectués pour se protéger des eaux du fleuve sont nécessaires à l’extension urbaine mais le fleuve induit toujours une localisation partielle sur le site : rive droite ou rive gauche, en amont ou en aval du fleuve.
Transformer le cours d’un fleuve constitue également un aménagement hydraulique, celui s’effectue par l’installation de canaux.
Bangkok, capitale de la Thaïlande, est fondée au XIXe siècle par les souverains siamois qui installent la ville sur la rive gauche du Chao Phraya – la localisation du site a été une première fois modifié. La ville est installée alors dans un lobe de méandre dans une plaine alluviale. Des canaux, des kllongs sont aménagés pour isoler le lobe, le site est alors protéger de toute attaque, il facilite le drainage des eaux et les conditions de circulation.
Si les colons européens n’établissent pas de protectorat ou de colonie en Thaïlande, l’influence européenne est tout de même présente. En effet, le pays se modernise précocement, notamment par l’aménagement hydraulique de la plaine alluviale thaïlandaise ; d’autres canaux sont installés et servent alors de moyen de circulation. À partir du XXe siècle, les kllongs disparaissent peu à peu pour permettre une circulation terrestre, cependant certains subsistent.
À Kuala Lumpur, des aménagements sont effectués à partir des années 1930. Le cours du Kelang et de la Gombak est aménagé pour limiter les inondations.
L’utilisation de lieux où stocker est également très importance car si l’eau est abondante via les précipitations en Asie du sud-est, il importe de savoir comment la stocker pour la réutiliser.
La ville d’Angkor constitue un exemple d’aménagements utilisés pour stocker l’eau. Comme nous l’avons plus haut le site ne constitue aujourd’hui que des ruines, il a servi de modèle à d’autres cités agraires ayant réutilisé ce système d’irrigation. Ainsi, celle-ci est fondée sur des barrays, des réservoirs qui déversent de l’eau servant à l’irrigation en période de sécheresse par des systèmes de canaux. Ce système d’irrigation a été édifié puis agrandis par les rois successifs de la cité, certaines traces sont aujourd’hui perceptibles sur le site archéologique.
Aujourd’hui, Singapour représente l’exemple le plus aboutie de ville ayant recours à des réservoirs pour satisfaire ses besoins en eau. En effet, l’île est petite – 700km km² – , la population importante – quatre millions de personnes, et les besoins dus aux secteurs industriel est important. Une politique d’aménagement de réservoirs à donc été entreprises par les autorités dès l’indépendance de la cité-État en 1959.
En 1960, l’île ne compte que trois grands réservoirs d’eau douce, ils confinés en son centre et s’étendent sur moins de 4 km². Aujourd’hui on trouve une quinzaine de grands réservoirs dont la superficie totale dépasse 30 km².
En 1990, malgré des pluies abondantes (plus de deux mètres par ans) l’île est loin d’avoir atteint l’autosuffisance en matière d’approvisionnement en eau. Ce besoin se sont en effet accru beaucoup plus rapidement que sa population.
Ainsi, la moitié des besoins nationaux sont comblés par des importations en provenance de la péninsule Malaise, par le biais d’un immense aqueduc. Afin de garantir cet approvisionnement éminemment stratégique, les autorités singapouriennes ont signé en 1988 une entente avec celle de Malaysia. Ce traité stipule que les singapouriens doivent acheter quotidiennement plus d’un demi-million de mètres cubes d’eau non traitée et pour en revendre 400 000 mètres cube filtré.
Et, à 1990, Singapour obtient le mandat d’aménager dans le Johor un lac artificiel de 55 km² qui doit servir de réservoir. Enfin depuis peu, les bateaux-citernes habitat et Singapour à partir de l’île Indonésienne de Bintan.
L’extension de terres gagnée sur la mer par le remblai de terres constitue également un aménagement hydraulique. Un des exemple de cette extension est celui du Japon qui a construit des zones industrielles grâce aux territoires gagnés sur la mer.
En Asie du sud-est, c’est l’île de Singapour qui constitue l’exemple le plus aboutit, même si, à la fin du XIXe siècle, l’extension de Phnom Phen se fait par le remblai de terres. En effet, la petite superficie de la cité-État invitait à de tels aménagements.
Ainsi, à Singapour la quasi-totalité du versant méridional de l’île a gagné sur la mer au cours du dernier quart de siècle. Il s’agit principalement du secteur sud-est, appelé la Cote Est - à l’extrémité de laquelle a été aménagé l’aéroport de Changi – mais aussi du front de mer du centre-ville. Ainsi, les rues autrefois riveraines de la mer, telles Beach Road ou Nicoll Highway, en sont désormais éloignées.
La rivière Singapour, qui jusqu’aux années 70, débouchait en pleine mer, se déverse désormais dans une baie entourée par les deux polders de Marina East et Marina South. Le cours de la rivière Singapour ainsi que ceux des rivières Kallang et Geylang ont été rectifiés, leurs eaux assainies alors que le bassin marécageux et pollué d’où émerge la rivière Kallang a été comblé. L’ensemble de ses voies d’eau convergent maintenant vers Marina Bay.
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Enjeux et problèmes environnementaux.
Plusieurs enjeux sont liés à l’utilisation et la répartition des eaux en Asie du Sud-Est, ces enjeux sont à la fois d’ordre international et plis particulièrement régional, d’autre part, ils sont d’ordre national.
La pression sur les ressources est au centre des enjeux géopolitiques internes ou internationaux. Les frontières maritimes sont au cœur même des enjeux. Au fur et à mesure que les économies de la région s’industrialisaient, qu’elles se tournent vers les marchés d’exportation et que leurs infrastructures urbaines et industrielles se rassemblent sur les rives des mers marchandes, ces frontières prennent de l’importance. Cet attrait est d’autant plus important que ces mers recèlent les plus importantes ressources énergétiques de la région, notamment halieutiques.
D’autre part la mer de Chine méridionale qui émaillée par des grands réseaux d’échanges représente l’ultime champ de manœuvre.
L’eau, son importance et son utilisation est au centre des enjeu en Asie du Sud-est. L’eau est en effet une ressource rare et primordiale à l’irrigation et à la vie de population, mais désormais, face à l’importance par le secteur industriel, la demande en eau s’est accrue et une redistribution doit s’effectuer.
Sur le plan national, il faut savoir que les deux tiers des terres irriguées se trouvent en Asie, où environ 35% des terres arables sont irriguées et fournissent plus de 50 % de la production agricole; ce pourcentage devrait augmenter encore. La superficie irriguée en Asie a presque doublé entre 1960 et 1990 et la production agricole a augmenté de façon spectaculaire. Depuis dix ans, la production agricole moyenne des pays d’Asie a progressé de 50 pour cent tandis que la population augmentait de 20%: le secteur agricole a donc joué un rôle considérable dans le développement et l’amélioration du bien-être. L’accroissement de la productivité est certes dû à l’irrigation, qui permet de gérer l’humidité du sol, mais aussi à l’emploi des variétés à haut rendement et des engrais.`
Le coût du développement de l’irrigation et les problèmes qui lui sont associés ont amené les gouvernements et les institutions financières à s’interroger sur l’opportunité de l’irrigation. Dans beaucoup de périmètres, la productivité est décevante et la durabilité de beaucoup de réseaux est menacée pour des raisons de rentabilité. Les redevances d’eau sont difficiles à recouvrer et les politiques actuelles ne sont pas favorables au financement public des coûts d’exploitation et d’entretien. Pour toutes ces raisons, les investissements dans les projets d’irrigation sont aujourd’hui très discutés.
La mauvaise performance de beaucoup de réseaux d’irrigation est reconnue; elle s’explique en partie par des défauts de planification et de conception et en partie par une mauvaise gestion. Les effets de l’irrigation sur les eaux et les sols sont devenus une cause de préoccupation. On estime que 10 à 15 pour cent des terres irriguées souffrent à un degré plus ou moins grand d’engorgement et de salinisation. Il faut remédier par une bonne gestion de l’irrigation aux problèmes que posent l’utilisation des produits agrochimiques et la propagation des maladies transmises par l’eau. Il est possible d’améliorer beaucoup la performance au moyen de systèmes informatisés de distribution de l’eau et d’information. Ces techniques devraient permettre d’accroître le rendement et de faciliter le recouvrement des redevances.
La position de la région, plate-forme péninsulaire et archipélagique entre deux océans, à l’angle sud-oriental et tropical du continent asiatique est à l’origine des fortes précipitations, en effet, les bilans pluviométriques sont très importants. Les déplacements des masses d’air sont responsables des fortes précipitations.
En Asie du sud-est, les précipitations annuelles sont considérables, elles sont en moyenne supérieures à un mètre presque partout, et à deux mètres dans la majorité de l’archipel.
L’Asie du sud-est est la zone du monde la plus exposée aux risques naturels car elle est située à la conjonction de quatre plaques tectoniques majeures ; les plaques indo-australiennes, Philippines et Pacifique glissent sur la plaque Eurasie. Ainsi, des tremblements de terre ont souvent lieu, certains peuvent avoir leur épicentre en pleine mer ce qui cause des raz-de-marée et des tsunamis.
D’autres part, des cyclones sont également à craindre, ils peuvent être de quatre types :
Ceux qui viennent de l’Océan Pacifique sont orientés est-ouest. Ils touchent la facade orientale des Philippines et peuvent aller jusqu'à la péninsule indo-chinoise.
D’autres naissent en mer de Chine méridionale, orienté est-ouest. Ils atteignent les côtes du Vietnam et vont parfois jusqu’au Laos, au Cambodge ou en Thaïlande.
Certains naissent vers le 10e degré de latitude sud. Ils touchent l’arc de la Sonde ou le Timor même si le phénomène est assez rare.
Enfin, d’autres proviennent du golf du Bengale ; ils atteignent alors le nord-est de la Birmanie.
Il faut également tenir compte du phénomène El-Nino. Ce phénomène est provoqué cycliquement tous les quatre à sept ans par le déplacement d’une très vaste nappe d’eau chaude qui se forme à l’est de l’archipel indonésien et dérive vers les côtes du Pérou. Cela se traduit par un retard marqué et une diminution du régime de la saison des pluies . Cela a pris des proportions dramatiques depuis les années 80, depuis que les défrichements de forêts ont pris des proportions importantes.
Les contraintes occasionnées par ces sites sont nombreuses. Les inondations sont récurrentes après chaque pluie de mousson. Et cela devient catastrophique s’il y a une conjonction entre fortes précipitations et grandes marées : le flot bloque l’évacuation des eaux douces vers la mer et provoque des débordements généralisés. La situation est particulièrement critique à Manille car la ville est construite au-dessous du niveau de la mer.
Les habitants de Bangkok ont régulièrement les pieds dans l’eau, notamment en octobre lorsque Londres de la marée bloque la crue du Choa Phraya qui envahit les rues. Cette situation ne semble pas devoir s’améliorer car l’affaisse sur elle-même de quelques centimètre par an. Si cet affaissement se poursuit, d’ici quelques années, la ville aura les pieds dans l’eau, tout comme Venise.
La ville de Jakarta est inondée à chaque saison des pluies : les canaux bloqués par les crues débordent jusque dans les habitations des quartiers résidentiels. Aussi il est possible de voir l’eau boueuse charriant une multitude de rats noyés envahir les rues.
Ces conséquences climatiques ajoutées à la faible urbanisation de ces villes, le faible développement des infrastructures primordiales conduit à ce que des désastres sanitaires se produisent.
Il faut tout d’abord tenir compte du fait que nombre d’aménagements hydrauliques n’ont plus été entretenus, et certains canaux sont devenus de véritables égouts à ciel ouvert.
Le faible nombre d’infrastructures élémentaires – logements, installations sanitaires, et eau potable. Et la crise bancaire et financière survenue en 1997, n’a pas amélioré la situation. Des études sur les besoins vitaux de la région en eau, installations sanitaires, transports, télécommunication et énergie donnent une étendue du problème : en 1995, la Banque mondiale estimait déjà que les pays d’Asie du Sud-Est devraient investir, chaque année, de 6,5 % à 7 % de leur produit intérieur brut (PIB) (contre 5 % en 1993) pour répondre aux besoins les plus urgents. Sur la période 1995-2015, cela aurait représenté 192 milliards de dollars pour l’Indonésie, 50 milliards pour la Malaisie, 145 milliards pour la Thaïlande et 48 milliards pour les Philippines. Un tel niveau d’investissement est impensable à l’heure actuelle.
De plus, de nombreuses pollutions sont un objet de préoccupation face au développement de l’urbanisation, la pollution des eaux qui alors ne sont plus potables est préoccupant. Ainsi, toutes les villes de la région sauf Singapour connaissent des problème d’insalubrité tandis que certaines populations ne dispose pas d’eau potable. En effet, seule la cité-État de Singapour a effectué d’important effort de salubrité. Ainsi, en 1983, le programme Unité Antipollution a fusionné avec le ministère de l’environnement. Et la qualité de l’eau est un véritable soucis : 97% des eaux usées sont collectés par un réseau d’égout et sont traitées par six grandes stations d’épuration.
A Jakarta, également, l’eau est une préoccupation importante ; des opérations d’adduction d’eau sont effectuées tandis que l’hygiène est améliorée par la construction de latrines.
Les Conséquences de l'ubranisation
La croissance exponentielle des villes d’Asie du Sud-Est depuis cinquante ans n’induit pas en Asie du Sud-Est une importante urbanisation. En effet, la croissance de ces agglomération est spectaculaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Le seuil des deux millions d’habitants est dépassé pour Manille dès 1940, en 1950 pour Bangkok et Jakarta, en 1960 pour Singapour et Saigon, en 1970 pour Rangoon et Surabaya, et en 1980 pour Kuala Lumpur, Medan et Bandung.
La croissance de ces agglomérations s’effectue de façon particulière ; les zones périurbaines qui utilisent une main d’œuvre encore considérable pour la riziculture ont des chiffres de densité considérable. Ces espaces périurbains sont appelé des desakota. Et, cette croissance particulière a pour conséquence que des embouteillages gigantesque se forment aux heures de pointe. En effet, l’accent n’a pas été mis sur le transport des citoyens, le choix du tout automobile à été effectué pour satisfaire les classes aisées. Ainsi, ces embouteillages particuliers sont constitués principalement de grosses berlines, compte tenu du faible développement des classes moyennes.
C’est dans ce contexte de congestion urbaine qu’une politique qui vise à supprimer les plans d’eau et les axes de circulation basés sur l’eau, se développe. Ainsi, à Phnom Phen ou à Hanoi, les axes de circulations routières sont privilégiés au dépend des canaux qui sont alors comblés.
À Bangkok, le franchissement des canaux ralentit fortement la circulation automobile et provoque matin et soir de gigantesques embouteillages, alors que la voie rapide passe brutalement de deux fois quatre voies à deux fois deux voies. Les kllongs ne subsistent plus que sur l’art et de droite du Chao Phraya, dans le quartier de Thonburi où ils sont utilisés à des fins touristiques. Sur la Rive Gauche, ils ont été comblés à grands frais et remplacés par de larges avenues.
Cependant, l’eau ne disparaît pas totalement du paysage urbain car elle fait pari intégrante du paysage, et du d’abord du paysage climatique ; certaines routes et de nombreuses maisons sont construites sur pilotis.
Mais, au-delà de la disparition d’anciens aménagements hydrauliques, supprimer l’eau du paysage urbain constitue une destruction d’un patrimoine culturel. En effet, la présence de lac au sein du domaine urbain est, nous l’avons vu, un aspect essentiel de la géomancie.
Les plans d’eaux ont plusieurs formes (circulaires, en rognon, en fer à cheval…), et ont différents fonctions : fonction religieuse et spirituelle, écologique, culturelle, ce sont des lieux de mémoires, des espaces productifs, des espaces sociaux… Au sein du paysage urbain ils constituent une transition entre les fronts urbains et les hinterlands ruraux, ce son des structurent horizontales qui orientent les installations urbaines.
L’urbanisation tend donc à detruire tout un passé pour construire le présent et l’avenir.