L'Empire carolingien sous Charlemagne (800-814)
Notre sujet s’intitule donc le « grand domaine » dans l’occident carolingien. Il convient tout d’abord de borner chronologiquement la période étudiée. Nous traitons donc de la famille carolingienne. Cette famille est ancienne et a pour membre entre autre Charles Martel, connu de tous, un maire du palais - qui, de nos jours, serait plus ou moins l'équivalent du Premier ministre - du roi des francs Thierry IV. A la mort de Charles, en 741, son fils cadet pépin III, plus connu sous le nom de pépin le bref, prend le pouvoir et devient maire du palais puis roi des francs en 751. A l’autre bout de l’arbre chronologique nous avons Louis V, dis le fainéant, qui meurt après moins de deux ans de règnes en 987. 741- 987, voila donc les bornes chronologiques des carolingiens. Cependant, le sujet traite de l’occident carolingien. Or peut-on affirmer que le règne de Louis V par exemple a une influence sur l’occident à la hauteur de l’influence de l’empereur Byzantin sur l’Orient ? Il est donc préférable de restreindre les bornes chronologiques à ce que fut l’empire d’occident, dirigé par les carolingiens. C’est à dire de l’année 800, date à laquelle Charlemagne, fils de Pépin le Bref, fut couronné empereur, jusqu’à la mort de Bérenger de Frioul en 924, date à laquelle personne ne succède à la couronne impériale. Nous avons donc deux laps chronologiques possibles, une grande de 741 à 987, ou une plus petite de 800 à 924. A présent définissons ce qu’est le grand domaine. Il s’agit d’une unité de gestion rurale. Cette unité est bien évidemment exploitée par les paysans, et à leur tête se trouve un maître. On le trouve sous le nom de villae en général. Dans se devoir nous nous pencherons sur leurs caractéristiques, mais leur libellé nous informe déjà sur un point, leur taille, à priori importante. Il serait faux d’affirmer que l’étude qui va suivre présente une image complète des campagnes d’occidents. Nous ne nous intéressons qu’à ces entités appelées grands domaines. Nous nous demanderons cependant en quoi ces grands domaines nous informe sur l’économie rurale de l’occident à l’époque carolingienne. La plupart des sources traitant de l’économie agraire, puisque c’est de cela qu’il s’agit, sont nombreuses et concernent principalement les grandes propriétés, ce qui nous arrange donc pour cette étude. Elles sont de plusieurs types : - capitulaire de « villis » : un texte long de 70 paragraphes ou le souverain donne un règlement de gestion de ses villae. Il aurait été écris par Charlemagne ou par Louis le Pieux (de nombreuses controverses existent à ce sujet) - le brevium exempla ad describendas res ecclesiasticas et fiscales, ce sont des exemples d’inventaires certainement commandés par charlemagne aux missi dominici (agents de contrôles créés par les mérovingiens, initialement extraordinaires, sont devenus ordinaires sous charlemagne) - les polyptyques, document d’origines ecclésiastiques, des inventaires détaillés qui se multiplient au IXème siècle. Le plus ancien date de 813, c’est celui de saint germain des prés. Le plus récent date de 892-893, il s’agit du polyptyque de Prüm. Ce sont surtout des descriptions de domaines situés entre la Loire et le Rhin. J’organiserai donc mon plan en trois parties avec en première partie la description physique du grand domaine. En seconde le fonctionnement ce cette entité. et enfin en troisième partie j’essayerai de montrer son évolution.
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I/ le grand domaine, un concept
Dans cette partie nous allons décrire l’organisation concrète de ces domaines. Donc je l’ai dis en introduction le grand domaine comme son nom l’indique, c’est un domaine, un regroupement de terres. Ce qui le caractérise, c’est la division bipartie du terroir : il y a d’un coté la réserve, et de l’autre la tenure
A/ la réserve
Pour la définir, je prendrai le mot originel, c’est la dominicatus, ce qui signifie, « appartient au seigneur ». On parle aussi de « réserve seigneuriale » Le terme dominicatus n’est pas le seul rencontré dans les sources, on trouve également terra dominicata, mansus indominicatus ou indominicatum. De quoi s’agit-il donc ? C’est la portion de la villae qui est réservée au propriétaire. Elle est exploitée par ses soins et le profit lui revient. Les propriétaires pouvaient être de trois types : - Ce peut-être le roi. La villae faisait donc parti du fisc (fisc composé de domaines donc, de routes, de ports, de forêts et de trésors) C’est pour elles que le roi écrivit le capitulaire de villis Cependant à cette époque, le roi n’était pas propriétaire de toutes les terres du royaume. d’autres maîtres existaient : - Ce pouvait être ainsi un monastère. Cela explique pourquoi les polyptyques nous sont précieux. - Enfin ce pouvait être un laïc. Ces derniers forment alors l’aristocratie foncière.
Alors de quoi se composait cette réserve ?
4 Tout d’abord il y avait les terres arables (les terra arabilis). Ces terres sont groupées en bloc, les cultura ou coutures. En moyenne ces terres représentent un quart ou un tiers de la villae. Ces chiffres sont à manier avec prudence du fait des variations importantes selon les domaines.
4 un centre d’exploitation, la curtis ou cour Elle est entourée de murs faits en bois ou en chaume. elle abrite plusieurs bâtiments - La sala dominica. Il s’agit de l’habitation du maître. C’est bien souvent la seule bâtisse en pierre de la villa. Les dominici peuvent souvent s’y loger lors de leurs visites - Etable, écurie granges celliers. - logis en bois parfois pour héberger les serfs domestiques (esclaves)
4autour de la curtis il y avait bien souvent des potagers et vergers (fruits et légumes sont des denrées importantes)
4les annexes qui se trouvent parfois en dehors de la curtis ce sont les moulins près des cours d’eau (le polyptyque d’Annapes en compte 5) la brasserie dans les régions ou la vigne n’est pas présente
4une église ou une chapelle Nécessaires pour les besoins spirituels des habitants. Un capitulaire de Louis le Pieux oblige le propriétaire à fournir à ces église un lot de terre et fixe la taille minimum de ce lot.
4 Il ne reste que les terres incultes. -il s’agit des bois (silvae) les polyptyques sont peu précis quant à leurs étendues. Par exemple, dans le domaine « miniature » du mont Blandin, la forêt couvre de 40 ha, et l’unique couture de la villae en couvre 25. - s’ajoutent les broussailles, les minutae silvae, qui fournissent le petit bois. - les terres incultes en elle-même, sans bois ni végétation sont très rares.
B/ les tenures
Il s’agit des terres que cultivent les tenanciers aux alentours. Dans les polyptyques on les appelle les terra mansionaria, qui s’opposent donc aux terra indominicata. Ce mot apparaît au VIIeme siècle. On lui trouve des synonymes tels que hida chez les anglo-saxon ou mas dans le midi provençal. il s’agit de la petite ferme familiale Elle comporte : - la maison du tenancier. Il y loge lui et sa famille. - quelques bâtiments d’exploitations (étables, granges,...), - un jardin potager, - des terres labourables - et parfois de la vigne. Dans le terme terra mansionaria on trouve le mot manse. Il s’agit de l’unité de la tenure. Pour Marc Bloch, historien de la première moitié du XXeme siècle, la manse est un ensemble de terres capables d’assurer le minimum vital pour une famille paysanne. Cependant, les régions de l’empire Carolingien ne présentent pas toutes les mêmes caractéristiques compte tenu de son étendue. La taille de ces manses est donc variable. Les polyptyques mentionnent par exemple des manses de 11 ha dans l’abbaye de saint germain des prés, 7 ha en bourgogne, 24 ha au pays bas... et encore, ces chiffres ne sont que des moyennes. Il est donc difficile de fixer une taille à cette unité complexe qu’es la manse. L’origine de cette unité est, elle aussi, floue. En effet, des historiens tels que Lot, pensent que la manse est l’héritière du iugum romain, une unité fiscale (quantité de terre cultivable avec un seul attelage) Cela reste à nuancer, la transformation sémantique n’étant pas évidente. De plus, La manse pourrait tout aussi bien hériter des peuples germains (les hida n’ont jamais connu l’administration romaine) A tout ceci s’ajoute que toutes les manses ne possèdent pas le même statut juridique. On en décèle de deux types, les manses serviles (servi) et manses ingenuiles (libres) Leurs noms suffisent pour leur compréhension, certaines sont cultivées par des esclaves et d’autres par des hommes libres. Au IXeme siècle, cette distinction se fait de plus en plus rare dans les polyptyques. En effet, le nombre d’esclaves a tendance à diminuer fortement, voire de disparaître. Nous en verrons les causes plus tard. Ainsi donc, les générations défilant, les mariages mixtes, les héritages, bref les échanges, font que ces manses appartiennent à des hommes libres. Enfin ajoutons, pour compliquer d’avantage la chose, la présence de quelques exception, des manses qui sont détachées de la masse, qui appartiennent à ce qu’on pourrai appeler les fonctionnaires du domaine (manse du maire, manse du forestier, manse des cavaliers, ...)
Nous avons donc définit la structure même du grand domaine. On a dis également qu’il s’agissait d’une unité de gestion rurale. On peut donc s’interroger sur le fonctionnement de cette cellule.
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II/ le fonctionnement du grand domaine
A/ le travail de la terre
Tout d’abord, le tenancier, dois exploiter son manse. C’est, en théorie, son manse qui lui fournit ses vivres. C’est donc logiquement qu’il fait de la céréaliculture. A ceci s’ajoutent les fruits et légumes de son jardin, il utilise les fumures pour celui ci. Ces terres étaient cultivées par assolement biennal (dans le nord de la gaule par exemple), parfois triennal (rotation de blé de printemps, de blé d’hiver et de friche). Ajoutons que certaines culture n’étaient que temporaires. A présent passons aux terres du maître. Les techniques sont les mêmes bien évidemment. Rappelons que ces terres représentent entre un quart et un tiers du domaine. Les terres sont de plusieurs types. Les plus importantes en superficie sont les terres de labours (céréaliculture) Pour avoir un ordre d’idée, les terres de labours représentent 96% des terres cultivées dans le polyptyque d’Irminon. Puis viennent les vignes (même dans le nord ils s’acharnent à en planter), les pratum (pré de fauche pour le foin et la pâture pour le bétail important dans le Nord), et les pascua (des terrains vagues) Mais une question se pose. Ou trouver de la main d’œuvre pour faire les travaux nécessaires ? il faut en effet travailler la terre, transformer les produits (beurre,...) s’occuper des outils, ... On a mentionné la présence d’esclaves précédemment. Cela ressemblerait au système des latifundia du bas empire. Cependant, on l’a dis, l’esclave s’est raréfié sous les carolingiens. il n’en reste que dans les régions méditerranéennes (en Italie ou la tradition ancienne perdure) ou encore en Germanie (prisonniers de guerres) Les causes de cette disparition sont la faible natalité dans ce milieu, la stabilisation des frontières au VIIIe siècle (apogée mérovingienne), l’affranchissement des meilleurs éléments, et l’influence du christianisme. De plus certains esclaves on étés casés sur des terres (manse servi) Ajoutons que pour entretenir des esclaves, il fallais un minimum de 200 ha de superficie de terre. Hors cela existe mais de nombreux domaine n’atteignent pas cette limite. Nous reviendrons sur les différences de tailles des domaines. Dans les domaines ou des esclaves vivent, ils forment la familia du propriétaire. Il leur donne a date fixe des provisions, c’est la prebenda (les polyptyques appellent ces personnes les serfs prebendarii) De plus, il est inconcevable étant donnée le faible développement du système monétaire, que le salariat puisse être le moteur de cette cellule. Il ne reste donc que les tenanciers, libres ou non, du domaine. Le seigneur leur a concédé des tenures héréditaires, mais il veut des redevances annuelles en échange : - Quelques-unes unes sont en numéraire (les plus faibles) - d’autres en nature - et principalement le tenancier doit des services gratuits, les corvées. La tenure apparaît donc comme une source de main d’œuvre gratuite.
B/ les revenus et leurs utilisation
On en vient alors aux revenus de ces grands domaines. Tout d’abord, je l’ai dis et redis, le grand domaine est une unité de gestion rurale. On analyse donc d’abord les revenus en nature. Il est clair que les cultures des tenures servent uniquement à nourrir les tenanciers. C’est une culture de subsistance. Ces tenanciers payaient également une redevance annuelle au maître. Cependant, on remarque que ces redevances, numéraires ou en nature, sont extrêmement modestes. Le polyptyque d’Irminon nous donne le montant de ses redevances annuelles : 4 poulets et 15 oeufs, 50 planchette de bois, 2 muids (unité de mesure des liquides) de vin pour les tenanciers libres. Alors on est en droit de se demander si cela suffit au maître. Un facteur peu faire varier la réponse, la taille du domaine. En effet, les domaines sont de tailles variables. La plupart faisant environ 200 ha, mais on a déjà mentionné la présence de domaine « miniature » tels que celui du mont Blandin atteignant les 54 ha. On parle parfois de villula. Et à l’opposé il existe des domaines gigantesques tels que celui de Leeuw-Saint-Pierre avec 18600 ha. Dans la grande majorité des cas c’est tout de meme un revenu modeste voire extrêmement modeste que reçoit le seigneur des tenanciers. C’est pour cela que leur travail à la réserve est nécessaire. Les revenus proviennent donc davantage du fruit du travail dans la réserve que des redevances. Les produits créés sont appelés le conloboratus. Tout comme les redevances, les services imposés aux tenanciers dépendent de la taille de la réserve ainsi que du nombre de mains d’œuvre disponible.
A présent, que fais le seigneur des revenus. L’utilisation varie quelques peu selon les maîtres qu’ils soient roi, laïcs ou ecclésiastique. En générale, une partie du coloboratus est mis de coté : grain de la semence, nourriture pour les es serfs domestiques, provision pour le bétail, approvisionnement des ateliers tels que les brasserie. Il s’ajoute, par exemple dans le domaine du fisc, un stock de sécurité au cas ou la cour séjourne dans la réserve. A l’inverse les ecclésiastiques sont plus tentés de vendre leurs surplus ou de les placer pour les hospices aux pauvres. Les bénéfices sont donc bien maigres, surtout lorsqu’il s’agit de petits domaines.
C’est donc une économie rurale de subsistance que nous avons-la. Les échanges commerciaux existent. La villa était rarement formée d’un seul bloc. Le transport de marchandises était donc nécessaire. Les va et vient entre lieu de production, de transformation et de marché étaient nombreux. Ainsi se développe en Italie entre autre de nombreuses voies de communication et de marché au IX et Xe siècle. Le développement de la monnaie d’argent permit d’accélérer ce mouvement. Rappelons que l’économie monétaire a pris son envol au VII e siècle avec l’apparition de monnaie en argent à la place des monnaies d’or. Charlemagne augmente le poids du denier pour lui donner davantage de valeur (1.22g --> 1.70) La monnaie se stabilise donc et les échanges se développent. Un autre facteur permit ces échanges plus nombreux, ce sont les progrès agricoles. on à déjà mentionné la jachère, la présence d’équipement coûteux grâce au propriétaire (brasserie, moulin,...) cela reste à nuancer (usage du fer encore faible) Ce commerce en general est à nuancer du fait du peu de marchandises qui circulent. De plus, les invasions normandes, sarrasines et magyares freinent cet envol vers l’économie de marché. Des ports tels que Nantes en 843 ou Bordeaux en 844 sont pillés.
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III/ le grand domaine, une cellule en mouvement
A/ une origine lointaine ?
L’origine reste floue. De nombreux historiens ont vu en ces grands domaines les successeurs des latifundia, ces grands domaines exploités par des esclaves dans le bas empire, déjà mentionnée auparavant. Ces derniers, étudiant les polyptyques, pensaient le domaine comme une cellule stable, immuable. ainsi ils parlent « d’économie domaniale classique » pour l’économie du IXe s. De ce point de vue, on peut penser que ces domaines existent depuis longtemps. Ce qui est sur, c’est que nous ne savons pas si ces grands domaines existaient sous les mérovingiens (les sources manquent) De plus, les travaux récents sur les polyptyques mettent en avant de nombreuses exceptions. La chose la plus surprenante, c’est que le grand domaine est un système en perpétuelle évolution. En effet, on observe la création et la désintégration de nombreux domaines au IXe siècle. Les causes sont multiples. plusieurs hypothèses ont été soulevées pour la création de domaine: - un défrichement. Sous les mérovingiens, il est clair que la mains d’œuvre manquait. Et même sous les carolingiens on a montré à quel point le maître avait besoin des services de ses tenanciers (parfois 3 jours par semaine de corvée !). Il y aurait donc eu grignotage et création de nouvelles tenures, et non création de domaines entiers. On trouve cependant quelques rares exemples de créations de domaines, dans les Ardennes par exemple. - la création de domaine peut se faire également la ou cette organisation n’existait pas. c’est le cas aux pays bas dans l’ancienne toxandrie et la frise - la concentration des terres par les monastère (donations,...) peut être un facteur de création. C’est le cas de saint Bertin qui nous a laissé un polyptyque.
En parallèle il y a également disparition de domaines. Ces disparitions touchent aussi les propriétés ecclésiastiques qui ne sont soumise pourtant à aucun problème d’héritage ou de succession. Le roi peut exiger de ces domaines de léguer un fief à des guerriers par exemple. Le principal facteur de désintégration est le fractionnement du domaine à chaque génération pour les terres laïques. Le partage de Verdun en 843 montre bien que, parmi les plus haut, la succession n’est pas chose aisée.
D’autres facteurs peuvent s’ajouter tels que la taille du domaine bien sur qui joue sur sa longévité, le fait d’être dans une région ancienne ou récente (en voie de constitution ou de désintégration)
B/ le grand domaine, témoin de l’évolution démographique
On l’a dis, on constate une évolution, faible mais effective, des techniques agricoles, accompagnées d’une augmentation du commerce. Cela vaut principalement dans les régions situées entre Loire et Rhin. De plus s’ajoute la présence de défrichement important au IXe siècle. Bien qu’ils ne soient pas suivis de création de domaine, il n’en ai pas moins important. On trouve d’ailleurs, des domaines créés, souvent poussés par l’autorité royale (pour repeupler des régions) Ainsi on observe de nouveau domaines aux pays bas ou au sud Ouest. dans cette dernière, le terme de condomina dans est synonyme de villa
A coté de ceci, nous avons un étrange phénomène qui se développe au IX et Xe siècle, le fractionnement des manses. Les textes parlent de plus en plus de demies-manses, quart de manse (polyptyque de prüm). L’historien Perrin parle de surpeuplement des manses. La cause en serait le fractionnement des familles vivant dessus. La manse ne serait donc plus une unité familiale. Une seconde thèse sur ce fractionnement serait de voir ces demies-manses comme des fractionnements théoriques, ou les charges pesant sur ces manses seraient moins fortes. Bref ces manses restent difficilement définissables et exploitables.
Tout cela marque donc une évolution démographique certaine. Elle est stoppée par les invasions barbares de la fin du IX e siècle.
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En conclusion, on a donc décrit la composition bipartie du grand domaine (la tenure et la manse) ainsi que les hiérarchies de ses occupants qui est à l’origine de la féodalité. La terre est la base de cette unité. En effet, le but de la création, dont nous n’avons pas la date, de ces cellules est bien évidemment l’apport en denrées au peuple, ainsi que l’apport de vivres à l’armée (pour les régions du fisc) Le développement du commerce marque à lui seul les réussites de cette structure. Cependant, elle a ses faiblesses. Cette cellule, quoiqu’en ai pensé les premiers chercheurs, n’a jamais réussi à se stabiliser, et ceux quel que soit le type maître. On constate donc une évolution en désintégration des domaines.
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