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puce Hitler et la population Allemande de Stalingrad à la chute du régime (le 15/08/2008 à 22h18)

L'Attentat manqué du 20 juillet 1944


Adolf Hitler est sans conteste un être que l’on peut qualifier de charismatique. Et c’est par son charisme, par son énergie, par la mise en scène de ses discours qu’il a su convaincre une très grande partie de la population allemande. Plus tard, grâce à ses succès diplomatiques puis militaires, Hitler est adoré, adulé voir idolâtré par certains. Les plus réticents même se laissent convaincre car Hitler a su redonner du prestige à une Allemagne bafouée par le diktat de Versailles. Une relation fusionnelle unie donc le peuple allemand à son chef, et par ce lien au régime nazi. Mais cette relation privilégiée va se détériorer à mesure que les défaites s’accumuleront et l’année 1943 marque un tournant, il s’agit de la première défaite allemande importante, elle à lieu dans la ville de Stalingrad au mois de janvier 1943. A cette date, cette défaite ne condamne pas le régime nazi mais avec le recul de l’Histoire nous savons désormais que cette défaite n’est pas unique, elle signe le déclin militaire du IIIe Reich. Et c’est ce même déclin, avec l’arrivée des Alliés, qui permettra à l’Allemagne d’être délivrée du régime nazi, la capitulation sans condition est signée les 7 et 9 mai 1945. En effet, aucune contestation ne parviendra à faire tomber le régime nazi.

Il apparaît intéressant d’essayer de comprendre pour quelles raisons il a fallut autant de temps aux allemands pour comprendre que seul Hitler était responsable de leurs malheurs. Quelles ont été leurs réactions face à l’éloignement public du Führer et comment celui-ci a réussit à faire perdurer un régime qui à chaque instant aurait dû s’effondrer.

Nous analyserons tout d’abord les conséquences nouvelles ou existantes de la défaite de la bataille de Stalingrad en axant notre étude sur les conditions de vie de la population. Par la suite, nous nous focaliserons plus particulièrement sur les différentes forces de contestations et l’aboutissement de celles-ci lors de l’attentat du 20 juillet 1944. Enfin, nous analyserons les derniers mois du régime, la débâcle militaire et l’incursion des Alliés sur le sol allemand auxquels Hitler entend répondre par la destruction de l’Allemagne.


*

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La défaite de la bataille de Stalingrad permet à une grande partie de la population allemande de prendre conscience que le régime ment. Cependant, les effets de la propagande ont fait effet même s’ils se dissipent. La population a conscience de la nécessité des sacrifices qu’exige la guerre et aux transformations de la société, ou plutôt si résignent.


Le 3 février 1943, un communiqué officiel informe la population de la reddition de la Wehrmacht dans la ville de Stalingrad. Celui-ci affirme que les soldats de la 6e division de Stalingrad se sont battus héroïquement jusqu’au dernier coup de feu, « ils sont morts pour que l’Allemagne vive ».

Malgré cette glorieuse célébration, les familles des victimes ne sont pas consolées par de tels discours. D’autre part, elles savent que ces discours masquent une réalité qu’il faut cacher, une réalité qui apparaît dans les lettres de certains soldats de la 6e division de Stalingrad, pour la plupart d’entre eux la guerre semble inévitablement perdue. Ainsi, alors que des trucages font croire aux allemands que les soldats du front sont tous rassemblés pour célébrer ensemble noël, des familles ont reçu des lettres de leur père, frère et mari, encerclés dans Stalingrad, leurs faisant leurs adieux. Les plus réalistes ont compris que la défaite est inévitable et attribue cet échec soit à une trop grande arrogance de la part de leurs dirigeants, d’avoir sous-estimé la puissance soviétique, d’autres rendent entièrement Hitler responsable de ce désastre. Mais d’autres espèrent encore, malgré l’encerclement par les alliés, qu’Hitler viendra les sauver.

Cette diversité des opinions au sein de la masse des soldats allemands s’observe aussi au sein de la population civile après l’annonce de la défaite. A Nuremberg, des femmes ont été vues arrachant les journaux, pleurant et hurlant leur douleur. Les hommes quant à eux insultent les nazis. Mais pour la plupart la seule solution est de poursuivre la guerre.

Ces communiqués beaucoup trop optimistes, qui choisissent de toujours présenter les faits sous leur meilleur jour, sont sujet à questionnement. Et si, comme l’affirment certains la guerre est perdu, pourquoi n’envisage t-on pas la défaite ? Même si une grande partie des allemands a compris que les communiqués officiels mentent, des doutes subsistent. Certains veulent encore croire au bien fondé du régime.

Si jusque Stalingrad Hitler reste largement à l’abri des critiques il semble évident pour certains qu’il est responsable de la défaite. Ainsi, des graffitis traitant Hitler de « meurtrier de Stalingrad » apparaissent sur les murs.

Les rapports du SD, le Service de Sécurité du Reich, témoignent de cette désunion entre le régime nazi et son chef, Hitler, et le Peuple allemand. D’autre part le nombre de discours prononcé par Hitler est un bon indicateur de ces liens ; durant l’année 1940 Hitler prononce neuf discours publics et n’en prononce plus que deux en 1943.

Déjà , avant l’annonce officielle de la défaite à Stalingrad, la population attend des explications de la part d’Hitler lors de son discours du 30 janvier 1943, date anniversaire de l’arrivée au pouvoir. Mais Hitler répugne à s’adresser à la nation, n’ayant que des mauvaises nouvelles à lui transmettre. De nouveau, lors de son discours à Berlin, le 21 mars 1943 à l’occasion du Jour Souvenir des Héros, le premier depuis Stalingrad, il déçoit. Il ne fait aucune mention de Stalingrad, si ce n’est pour indiquer l’estimation du nombre de victimes, 542 000 morts, un chiffre invraisemblable. Il n’apporte aucune explication et n’effectue qu’une dénonciation routinière du judaïsme et du bolchevisme. Des bruits courent même au sujet de son état de santé tant physique, que mental ; ce ne serait pas lui mais un sosie qui effectuerait son discours.

Joseph Goebbels, ministre de la propagande depuis 1933, déplore qu’Hitler se soit ainsi coupé des masses. Et le discours du 18 février 1943 au palais des sports de Berlin en est l’occasion de rallier les masses au Führer et de faire taire les septiques. En prônant la « guerre totale » Goebbels veut montrer que les liens entre le Peuple et le Führer sont indestructibles, le but suprême est la victoire et le Peuple est prêt à suivre son chef.

D’autre part, c’est aussi le moyen du durcir le régime. En effet, il faut que la répression empêche tout effondrement du régime de l’intérieur, la population n’a pas le droit de céder même face à l’énormité des sacrifices qu’impose la guerre entreprise par le régime.

La défaite de Stalingrad constitue une preuve incontestable de la distension des liens entre le régime nazi et les masses allemandes. La population sait qu’on lui ment mais ne comprend pas encore les buts du régime et ceux de Hitler.

En prônant la « guerre totale » Goebbels envisage de façon précise la poursuite de la guerre, les consciences doivent être mobilisées psychologiquement, elles doivent répondre aux attentes du régime quels que soient les sacrifices. Pour Albert Speer, ministre de l’armement depuis février 1942, il est en premier lieu nécessaire de mobiliser toute la population qui est encore inactive. Les sacrifices exigés par les autorités n’apparaissent pas après la défaite de Stalingrad, mais du fait de son impact psychologique, la population comprend de moins en moins pourquoi de tels efforts doivent être faits.

L’utilisation des femmes pour l’effort de guerre est contraire à la doctrine nazie et Hitler freina longtemps tout projet de réquisition massive. Lorsqu’il est obligé d’accepter au début de l’année 1943 leur réquisition, il annonce qu’en compensation elles ne devraient plus travailler dans l’industrie après la guerre, ce qui correspond parfaitement aux désir de celles-ci. La conscription des femmes est ainsi obligatoire, mais pour des raisons morales l’âge minimum est limité à seize ans.

La plupart des ouvrières qui n’ont repris un travail que sous la contrainte financière sont très réticentes et tentent par tous les moyens d’échapper à l’usine en demandant des exemptions (enfants à charges) ou en recherchant des emplois dans les bureaux. Ainsi, environ trois millions de femmes « disponibles » se trouve encore chez elles au début de l’année 1943.

Pour celles qui travaillent dans ces usines les conditions de travail sont d’autant plus dures qu’elles sont peu nombreuses. Les jeunes filles sont en priorité envoyées effectuer des travaux dans les campagnes et les épouses de soldats bénéficient d’allocations qui leur permettent de cesser le travail. C’est en outre avec l’accord de leur mari sur le front qu’elles refusent de travailler.

Pour favoriser l’effort de guerre le « comité des trois » décide la fermeture des petites entreprises et exhorte les commerçants à rejoindre les usines d’armement ce qui attire sur le régime leur hostilité. Bien que les rapports sur cette atteinte à la fidélité du Führer des classes moyennes indépendantes soient moins nombreux, ils inquiètent le SD.

D’autre part la population s’indigne contre les fermetures des bars et des restaurants, derniers lieux de convivialité, mais pour le régime seules les activités utiles à l’effort de guerre doivent être préservées.

Les grandes entreprises en revanche prospèrent grâce aux commandes publiques qui représentent les deux tiers du chiffre d’affaire de l’artisanat.

Pendant la plus grande partie de la guerre « l’Allemand moyen » peut se nourrir correctement malgré les nombreuses privations, le régime faisant attention aux conditions de vie de la population. Cependant, à partir de 1942, certaines rations sont fortement diminuées, à un niveau insuffisant, ce qui provoque un effet « fracassant » sur les populations selon les rapports du SD. Les ménages perdent alors confiances en le régime et transfèrent leurs économies vers des achats de précautions tandis que le marché noir grandit.

Les rancœurs se diffusent et notamment contre l’administration de l’agriculture. A partir de l’hiver 1943-1944, les rations officielles diminuent à nouveau et une économie d’échange non monétaire de marchandise et de service se mit en place. Les sacrifices consentit depuis le début de la guerre s’amplifie à mesure que la guerre se poursuit et malgré la défaite de Stalingrad la population comprend que Hitler n’a pas l’intention d’y mettre fin.

A partir de 1942, la Royal Air Force modifie sa stratégie et pratique des « bombardement par zones ». Elle détruit systématiquement certains quartiers urbains, industriels et résidentiels. C’est à ce moment-là que la majorité des entreprises industrielles se délocalisent ou sont enterrées.

La ville de Lübeck fournit le premier terrain d’expérience, des milliers de civils meurent. La solidarité s’organise – les fonctionnaires mettent un mois à traiter les dossiers de dédommagement. Le moral de la population n’est pas ébranlé par ces bombardement mais elle ne comprend pas l’absence de Goering ou de Hitler sur les lieux de sinistre.

Lorsque les bombardements deviennent permanents, que la confiance des allemands envers Hitler et le régime chute, Hitler ne comprend pas que la grande majorité de la population veut simplement que les bombardements s’arrêtent. Lui ne propose que la vengeance à l’aide d’armes sensées détruire le sol britannique.

Le régime s’intéresse avec précaution aux doléances des consommateurs, et si ces difficultés affectent tous les pays en guerre, les Allemands sont le moins touché.

De nouveaux liens, de nouvelles solidarités se forment face à la catastrophe que constituent les bombardements, « la terreur venue du ciel » alors même que le régime avait tenté de les détruire.

Cependant les rancœurs contre les nantis et le régime s’accumulent, notamment lorsque celui-ci minimise les conséquences des bombardements.


La cohésion de la cellule familiales est atteinte par la mobilisation du père, par l’envois des petits enfants à la campagne et par la mobilisation des femmes et des adolescents – restés en ville - à l’effort de guerre.

La dislocation de la société civile favorise les délinquances de droit communs auxquels la police ne parvient que difficilement à répondre.

L’une des conséquence les plus visibles et la plus mal supportée par la masse de la société est le développement d’inégalités entre les Allemands.

Malgré la proclamation de la « mobilisation générale » en janvier 1943, seule une partie de la population est obligée de subvenir à l’effort de guerre.

Un grand nombre de femmes parvient à être exempté, la majorité d’entre elles étant issue de l’élite allemande. Les étudiantes sont les représentantes typiques de ces « bons milieux » et elles échappent à toutes obligations pendant la durée de leurs études. Le nombre de celles-ci augmenta d’ailleurs car les autorités renièrent leur politique de numerus clausus pour combler les vides du corps enseignant, du corps médical et de l’administration. Sur trois millions de femmes jugées « disponibles » 1,2 sont classées aptes au travail, dont la moitié à temps partiel.

Mais les femmes du peuples ne se préoccupent pas de telles considérations et considèrent ces bourgeoises, ces « dames de la haute » avec autant de mépris que les soldats du front pour les « planqués » de l’arrière.

Ce n’est qu’a la fin de 1943 que toute la main-d’œuvre disponible est réquisitionnée.

Cette inégalité ressentie par une partie des allemands s’observe aussi au sein de la paysannerie. En effet, lorsque les citadins arrivent dans les campagnes des frictions ont lieu car les mères de familles réfugiées peuvent se dispenser de toute activité tandis que les femmes des campagnes sont écrasées de tâches agricoles. A ses contacts quotidiens les images réciproques des gens de la ville et de la campagne se noircissent davantage.

Aussi, la société allemande doit faire face à un afflux d’étranger sur le sol du Reich. Les paysans sont obligé de compenser le départ des hommes sur le front. Lorsque les signes d’épuisement de fatigue des populations allemandes se firent trop importants l’Armée accepta d’envoyer des dizaines de milliers de prisonniers de guerre polonais, français et soviétiques.

La volonté d’un Reich « ethniquement pur » semble être compris, pour les autorités il ne s’agit que d’une phase transitoire durant la guerre.

La répression est la seule réponse apportée par le régime à toute forme de contestation, qu’il s’agisse d’une véritable contestation ou d’un simple questionnement.

La population est obligée dans la majorité des cas de se conformer aux désirs du régime, et notamment en ce qui concerne l’effort de guerre. Les arrestations pour « cessations de travail » se multiplient à mesure que l’effort devient plus intense. Tous les Allemands connaissent les méthodes brutales des SS qui dirigent les camps de concentration où sont envoyés les prisonniers de droit communs. Des exécutions publiques ont parfois lieu pour impressionner la population.

Grâce aux délations la Gestapo se créé l’image d’un être mystérieux qui « sait tout, peut tout, est partout », il est à même de terroriser la population.

Face aux sacrifices qu’exigent la guerre la population allemande ne peut qu’assister impuissant à la dislocation de la société civile. Si les doléances des allemands sont prises en compte par les autorités, toute opposition est sévèrement réprimée. Et toute opinion contraire à celle du régime nazi est considérée comme une opposition politique. La majorité de la population est donc contrainte de se taire.

A partir de Stalingrad, les signes qui montrent que les liens entre le Peuple et le régime se distendent sont incontestables. Les espoirs de Hitler quant l’issu de la guerre témoignent du fossé qui le sépare désormais de la majorité de la population. La rhétorique selon laquelle il est le seul à pouvoir sauver le pays n’entraîne plus les masses. La majorité des allemands a compris que l’issu de la guerre ne peut être que la défaite.

Un sentiment de morosité domine la population mais il n’existe encore pas de trace de rébellion car l’embrigadement des masses fonctionne malgré les revers militaires et parce que l’appareil répressif est puissant et s’intensifie.

*


L’énorme majorité de la population ne peut exprimer librement ses pensées sauf lorsqu’elles sont en accord avec le régime nazi, cela ne veut pas dire que des oppositions n’existent pas. Celles-ci augmentent au fur et à mesure que le régime se durcit. Le point culminant de la résistance allemande se déroule le 20 juillet 1944 lorsqu’un attentat est perpétré contre Hitler.

S’opposer individuellement, personnellement au régime nazi est quasiment impossible, les seules actions civiles qui parviennent durant un temps à résister sont rapidement réprimées par la gestapo. Résister signifie tout d’abord mentir à ses proches, parents et amis, et encourir la répression de la gestapo pour soi-même et pour ses proches.

Lorsque le mécontentement est vif, lorsqu’il existe une véritable opposition celle-ci ne peut s’exprimer librement qu’au sein du cercle familial. Mais la majorité de la population ne soutient pas officiellement les résistants. Tout d’abord et surtout cela est dangereux est apparaît inutile face à l’appareil répressif SS. En outre, même désormais minoritaires, les fanatiques du régime sont toujours présents et parviennent à faire pression sur la population.

Même si les effets du discours de Goebbels sur la « guerre totale » ont désormais totalement disparu, Hitler bénéficie d’une certaine aura pour quelques allemands. Si les dirigeants du parti nazis sont largement discrédités certains persistent à croire qu’Hitler n’est pas responsable. Il est simplement entouré de ministres incapables.

Enfin, les dirigeants nazis exploitent les résultats de la réunion de Casablanca qui a lieu entre le 14 et le 24 janvier 1943. Les conclusions de cette réunion convainquent les dernier réticents de poursuivre la guerre. En effet, les alliés définissent lors de cette réunion les conditions de reddition de l’Allemagne nazie, celle-ci sera sans condition. Plutôt qu’une reddition humiliante certains veulent se battre croyant la victoire encore possible, même parmi les proches d’Hitler.

Aux lendemains de Stalingrad, des étudiants munichois issus des milieux conservateurs et bourgeois, tous animés par des convictions chrétiennes et unis contre les horreurs que le régime nazi imposent à la société, organisèrent des actions de résistances publique. Leur dernier tract rédigé par Kurt Huber et distribué le 18 février 1943 à l’université de Munich exhorte le peuple à se révolter. Dénoncés par le portier de l’université Hans et Sophie Scholl puis Christophe Probst sont pendus et d’autres étudiants sont guillotinés.

L’opposition politique ne disparaît pas totalement malgré les efforts du régime. Les partisans communistes voient la plupart de leurs organisations démantelées mais leur présence se décèle au sein des groupes ouvriers. Ils appellent notamment à effectuer des cessations de travail dans les usines.

L’opposition nationale conservatrice, également, ne disparaît pas. Après la chute du régime hitlérien ils envisagent l’instauration d’un système politique foncièrement oligarchique et autoritaire. Ils forment ce que l’on appel « le cercle de Kreisau », une expression inventée par la Gestapo à partir du nom du domaine de Silésie où se tinrent plusieurs réunions. Ils étaient partisans d’une restauration de la monarchie, de droits électoraux limités dans le cadre de communauté autonomes, reposant sur les valeurs familiales et chrétiennes, en fait, l’incarnation de la « communauté nationale ».

Ce groupe d’aristocrates dominé par Carl Goerdeler était irréalistes, tout d’abord parce que les alliés, face aux revers militaires, sont de moins en moins enclin à céder grand-chose à une opposition intérieure qui exige beaucoup, ne facilite pas tellement la chute du régime et qui envisage de conserver une partie des gains territoriaux acquît par Hitler. De plus, Goerdeler envisage d’écarter Hitler du pouvoir en le persuadant de démissionner, il veut éviter toute effusion de violence. Enfin, « le cercle de Kreisau » que constitues ces aristocrates ne trouve pas d’appui au sein des plus jeunes générations qui imagine plutôt l’avenir de façon plus idéaliste.

Toutes ces idées étaient utopistes et elles n’avaient aucune chance d'aboutir sans l’appui de l’armée.

Lorsque à la fin du mois de juillet 1943, le roi Victor-Emmanuel remplace Mussolini par le maréchal Badoglio à la tête du gouvernement italien, une lueur d’espoir apparaît. Peut-être la fin du régime nazi approche-elle… A l’inverse, les nazis fanatiques sont choqués. Cependant aucune chute du régime nazi n’est à craindre car l’appareil répressif de la SS brime toute opposition publique.

Face à cet événement majeur la propagande ne sait qu’elle position adopter car elle ne peut pas informer la population de la fin du fascisme en Italie. Il ne faut pas que la population puisse envisager une chute du régime hitlérien.


Face aux revers militaires subit sur les différents fronts par la Wehrmacht et la Luftwaffe Hitler cherche comme d’habitude un bouc émissaire sur lequel reporter sa hargne. Si les populations civiles échappent un temps à la verve de Hitler, les généraux et hauts gradés de l’armée sont les premiers considérés comme les responsables des échecs successifs. Depuis toujours Hitler est suspicieux envers les hauts gradés. A ses yeux, ils sont responsables de la reddition de l’armée allemande en septembre 1918. Il veut à tout prix éviter qu’un tel scénario ne se reproduise.

Au plus proche des décisions militaires prises, de plus en plus opposés aux objectifs d’Hitler et premiers à subir la paranoïa du Führer, il n’est pas étonnant qu’une résistance s’organise.

Si certains militaires sont dès le début de l’entrée en guerre opposés à Hitler et au régime, ils ne peuvent effectuer d’actions concrètes de 1939 à 1941. La population est entièrement acquise à la cause et au génie du Führer, alors que même certains militaires sont éblouis. C’est après les premiers échecs et lorsqu’ils comprennent la logique de destruction d’Hitler – celui-ci envisage la destruction de l’Allemagne si celle-ci n’est pas capable d’être victorieuse, plutôt qu’une reddition humiliante- qu’ils deviennent assez nombreux pour envisager des actes concrets contre le régime. C’est ainsi qu’a la fin du printemps 1942 l’officier Stauffenberg, un des principaux conjurés de l’attentat du 20 juillet, prend le parti des opposants.

Cependant, si une partie des officiers a conscience que les ordres d’Hitler sont suicidaires, s’opposer à son chef et à son gouvernement n’est pas facile. Des considérations morales sont importantes, faut-il obéir à son chef malgré tout - le refus d’obéir à un ordre donné étant un acte d’insubordination et même un acte de résistance politique – ou faut-il se battre pour une autre Allemagne ?

D’autres part les résistants ont conscience de ne disposer d’aucun soutient parmi la population, la majorité estime qu’il n’et pas loyal de s’attaquer à un régime en difficulté. La légende du « coup de poignard » dans le dos étant particulièrement ancrée dans les consciences les conjurés veulent éviter de reproduire ce sentiment. C’est pourquoi pour éviter d’abattre un héros national au plus haut de sa gloire ils voulurent attendre le « bon moment » - qui ne vint jamais. En effet, tant qu’Hitler remporte des victoires éclaires, ils se sentent paralysés Et lorsque les défaites se succèdent ils craignent de paraître saboter l’effort de guerre en éliminant Hitler. Ils hésitent jusqu’au jour où la victoire finale n’est plus qu’une chimère.

Le déclenchement de l’opération « Walkyrie » rencontre dès le début plusieurs difficultés, certains hésitent encore, c’est la raison pour laquelle les chefs des conjurés, Trescow et Stauffenberg préfèrent l’attentat pour éliminer Hitler.

Plusieurs tentatives sont effectuées à partir de la mi-février 1944 mais les déplacements d’Hitler sont imprévisibles et la malchance poursuit les conjurés, toute les tentatives échouent jusqu’à celui du 20 juillet 1944.

L’objectif des conjurés n’est pas seulement d’assassiner Hitler, il doit déboucher sur une insurrection miliaire et civile. Si l’attentat réussit la population sera plus à même de se de se soulever, pensent-ils. En revanche, ils ont conscience qu’en échouant ils seront considéré comme des traîtres.

Le 20 juillet 1944, Stauffenberg se rend au FHQ de Berlin, la « Tanière ». Après s’être rendu à une réunion, il doit armer des explosifs et les déposer au plus près de Hitler. Mais il ne peut armer qu’une des deux bombes. Il espère malgré tout que cela suffira.

Si l’autre explosif avait pu être placé au coté du premier les effets de la bombe auraient été doublé et il n’y aurait probablement pas eu de survivant.

Persuadé de la mort d’Hitler, Stauffenberg se dirige vers Berlin où l’attendent les autres conjurés pour déclencher l’opération «Walkyrie». Des messages indiquent alors qu’Hitler aurait survécu, la plupart des conjurés doutent sur la conduite à tenir. A la « Tanière » onze blessés les plus graves sont transportés à l’hôpital tandis qu’Hitler s’en sort indemne.

Lorsque les autorités comprennent que l’attentat est le signe d’une insurrection, tout est mis en œuvre pour y mettre fin, même si les échos ne sont pas rassurants concernant les mouvements de troupes à Berlin. Les conjurèrent tentent alors de prendre sous leur autorité le bataillon de garde qui entoure la maison de Goebbels prétextant la répression du soulèvement de plusieurs SS et de membres du parti en dissidence. Ils ordonnent le bouclage du quartier du gouvernement mais le commandement Otto-Ernt Remer doute du discours des conjurés. Ses doutes sont confirmés lorsqu’il parle Goebbels au téléphone qui lui affirme qu’Hitler est en vie, et lorsqu’il parle au Führer lui-même.

Le complot a échoué. Désormais, il faut convaincre tous les officiers ainsi que la population allemande qu’un horrible attentat a été perpétré contre le Führer mais que le régime est sauf, il saura faire face à cette trahison.

Sur les insistances de Goebbels, Hitler s’adresse à la population peu de temps après l’attentat. Il doit faire entendre sa voix, montrer qu’il est bien en vie, car la stabilité du régime dépend de lui. D’autre part, il s’agit d’unir le peuple à son chef contre qui un crime horrible a été perpétré.

Hitler proclame avoir été trahi par des soldats « une clique de soldats ambitieux », ce crime est sans précédent dans l’histoire de l’Allemagne. Hitler est persuadé que cet acte est le fait d’un petit nombre d’officier, mais ils se trompent. La « commission spéciale 20 juillet » met au jour plus de six cent personnes dont quatre cent officiers. Les ramifications du complot vont au delà de ce qu’il a imaginé.

Suspicieux depuis toujours et de plus en plus paranoïaque à mesure que les défaites s’accumulent, Hitler a désormais la confirmation de tous ses doutes à l’égard des chefs de l’armée de terre, une méfiance qui va devenir viscérale. Il comprend désormais les raisons des échecs militaires de l’armée, c’était les comploteurs qui travaillaient à la destruction de l’Allemagne.

Cependant il a survécu, à ses yeux il s’agit d’un signe de la Providence. C’est pourquoi il se fait un devoir de poursuivre le travail qu’il a entrepris.

L’échec de l’attentat réveille la ferveur du soutient à Hitler en Allemagne, mais aussi des soldats au front. La censure militaire qui épluche quarante-cinq mille lettres de soldats en août 1944 indique que « beaucoup exprimèrent leur joie que le Führer eut survécu ». Manifestement ces sentiments sont authentiques. Quatre jours après l’attentat, les rapports du SD témoignent encore du soutient de la population même si quelques voix discordantes se font entendre. Ainsi à Halle une femme qui dit regretter l’issue de l’attentat a été arrêtée.

Cet événement est aussi l’occasion pour plusieurs personnalités du haut appareil d’état de faire preuve de démagogie. Robert Ley dénonce ainsi l’aristocratie, les « gros bonnets » qui ne supportent pas assez le fardeau que constitue l’effort de guerre. Il s’agit de relier la masse de la population au régime, celui-ci à l’intention de ne plus privilégier personne désormais.

Mais les sentiments critiques ne peuvent être exprimés librement que dans la sphère privée, voir même jamais confié. Ainsi un jeune garçon se confie à son journal intime : « Tentative d’assassinat contre Hitler ! Hier, un attentat à l’explosif a été commis dans son bureau. Malheureusement, ce salaud en est sorti indemne[…]La nuit dernière à 1 heure du matin, Hitler a fait un discours à la radio. Il est tout à fait remarquable que Hitler ait répété six fois qu’il ne s’agissait que d’une « minuscule clique ». L’ampleur de ses mesures dément cependant ces allégations. On n’a pas besoin d’une armée entière pour éliminer une « minuscule cabale » »

L’échec de l’attentat du 20 juillet 1944 marque la fin de toute possibilité de faire tomber le régime hitlérien de l’intérieur, la répression du régime sera si importante qu’elle l’empêche.

Comme le prévoyait les conjurés, l’échec de l’attentat réveille l’impression d’une trahison intérieure, le « coup de poignard » dans le dos tant redouté par Hitler. Une paix négociée n’est pas envisageable, sauf dans une position de force ce que la Wehrmacht n’est pas en possession d’obtenir, Hitler n’a donc pas l’intention de mettre fin aux souffrances des allemands.


*

Les sentiments de ferveur, malgré l’impact de l’attentat, envers le Führer s’estompent rapidement face aux difficultés de la vie quotidienne, les Allemands sont désormais à la merci de leur chef qui bientôt décidera de leur destruction plutôt qu’une capitulation.

Une grande majorité de la population a compris l’inutilité de la poursuite de la guerre car elle est perdue. Désormais, celle-ci attend l’arrivée des alliés qui seule pourra délivrer les Allemands ; une

nouvelle phase du régime s’ouvre, celle où malgré devant tous les signes incontestables qui annoncent la défaite, Hitler refuse de capituler. Cette évolution qui a pour but final la destruction du Peuple allemand se divise en trois périodes.


Du mois d’août 1944 au mois d’octobre de la même année Hitler tente de reculer l’issue d’une guerre déjà perdue en vue d’un ultime combat. Et il le fait avec succès.

La situation militaire de l’Allemagne en août 1944 est analogue à celle de fin septembre 1918 ; l’issue d’une défaite est inévitable mais l’ennemi n’est pas encore sur le sol allemand. Hitler est conscient de cela c’est pour cela que le 28 août 1944 à lieu l’ « opération tempête ». , cinq milles ministres, permanents et fonctionnaire de la République de Weimar sont arrêtés. Hitler veut empêcher toute cessation de la guerre et Hitler est méfiant envers ces personnes. En effet en 1918 Ludendorff avait fait appel à eux pour mettre fin à la débâcle militaire. Outre certaines voix discordante au sommet de l’appareil d’état, Hitler à désormais conscience que la plupart des allemands souhaite la fin de la guerre.

Dès les premières semaines qui suivent l’attentat les rapports du SD des antennes provinciales témoignent de la baisse de popularité du Führer. Ainsi, le 8 août un rapport du SD témoigne que désormais, pour l’écrasante majorité des allemands, la question n’est plus de savoir si l’Allemagne allait gagner la guerre mais uniquement de savoir s’ils seraient occupés par les anglo-américains ou les soviétiques.

Au fil de l’automne, après que Hitler soit une dernière fois repassé au centre de l’attention, sa présence s’estompe de nouveau de la conscience quotidienne de la plupart des gens et l’hostilité de la population se durcit. Le 6 décembre le SD de Stuttgart rapporte une opinion qu’on entendait fréquemment : « On a toujours prétendu que le Führer nous a été envoyé par D-ieu. Je n’en doute pas ; Le Führer nous a bien été envoyé par D-ieu, mais pas pour sauver l’Allemagne, pour la ruiner. La Providence a décidé la destruction de l’Allemagne, et Hitler est l’exécuteur de cette volonté. »

Malgré cette opinion largement répandue des croyances irrationnelles subsistent ; au début de septembre 1944 une adolescente se confiait à son journal intime. Elle voit les échecs de l’effort de guerre, la progression des Alliés, l’attentat contre Hitler et les bombardements et écrit : « D’un coté, il y a la victoire, qui devient toujours plus douteuse, et de l’autre le bolchevisme. Mais alors, sacrifier tout, absolument tout, pour la victoire plutôt que le bolchevisme […] Donc tête haute. Faisons confiance à notre volonté et à nos dirigeants ! ! ! »

La peur du bolchevisme est alors devenue l’un des principaux fervent de cohésion et de facteur de soutient de l’effort de guerre allemand et de lutte contre l’effondrement du moral sur la scène internationale. Les signes de désintégration étaient pourtant visibles, le salut allemand Heil Hitler faisait place à un simple « bonjour » ou dans le sud de l’Allemagne à Grüβ Gott. Le fait que certains cadres du parti refusent de porter les insignes du parti montre que la fin approche.

Lorsque Cologne est largement détruite par les bombardements, à l’automne 1944, les décombres, les ruines et les caves des bâtiments accueillent des formes d’oppositions au régime nazi. Un mouvement de résistance éphémère constitué d’un groupe de personnes hétérogènes, des déserteurs, des travailleurs étrangers, des bandes de jeunes, des militants communistes clandestins, inquiéte le régime.

Si jusqu’ici la haine maladive de Hitler s’est principalement exprimée envers les juifs, les polonais ou les soviétiques désormais elle se retourne sur les allemands, même s’il ne le savent pas encore. Malgré l’attentat le régime n’a pas été atteint mortellement, il peut encore se consolider pour retarder sa fin de plusieurs mois tout en prolongeant les souffrances de millions de gens.

La population ne peut que se résigner : « Tout cela est du pareil au même pour moi. Je ne puis plus porter de jugement sur la situation. Je vais juste continuer à aire mon boulot, attendre et accepter ce qui arrivera ».

Durant le second semestre de l’année 1944 un renouveau de la campagne de la « guerre totale » est relancé. La propagande affirme que désormais plus aucune personnes ne sera favorisée, l’effort de guerre sera le même pour tous. Pour impliquer la population à l’effort en vue de l’ultime effort que nécessite la « guerre totale il est fait référence à la défense héroïque de la patrie par les masses contre l’invasion napoléonienne. Tandis qu’Hitler œuvra durant l’automne 1944 à reformer les fronts est et ouest., le 18 octobre 1944 pour le cent trente et unième anniversaire de la légendaire « bataille des nations », près de Leipzig, Heinrich Himmler lança le Volksstrum, des milices populaires. Tous les hommes de seize à soixante ans sont réquisitionnés. Celui-ci devient rapidement impopulaire et perçu comme étant absurde face à la situation militaire catastrophique.


Une nouvelle phase s’ouvre à partir du mois de novembre 1944, Hitler envisage une dernière offensive à l’ouest.

Alors qu’Hitler ordonne d’effectuer un politique de »terre brûlée » devant l’avancée des Alliés, que des milliers de personnes fuient à l’avancée des soviétiques, Hitler, fatigué et malade, refuse de prononcer son discours célébrant l’anniversaire du puch de 1923. Himmler lit alors une déclaration du Führer dans laquelle celui-ci affirme que les combats ne cesseront pas.

Le 16 décembre 1944, il lance une dernière offensive militaire allemande dans les Ardennes. D’un point de vue militaire cette attaque est importante car elle définira les limites d’occupation de l’Allemagne occupée. Hitler choisit d’attaquer sur le front ouest même si cela signifie un affaiblissement du front est. Hitler est persuadé que si les occidentaux ont un choix à faire entre lui et Staline ils le choisiront lui. En effet si les Soviétiques pénétraient sur le sol allemand ils deviendraient une menace pour les anglo-américains.

D’autre part, cette guerre à un impact psychologique sur la société allemande. Depuis l’automne, le fossé entre Hitler le la population allemande, qui refuse la lutte finale prônée, s’agrandit. L’objectif de la plupart des allemands est de bloquer le front est, de bloquer les soviétiques tant redouté pour leur cruauté, et de laisser entre dans le ays les puissances anglaises et américaines. Hitler a conscience de tout cela c’est pour cette raison qu’il lance l’attaque des Ardennes, il veut que cette guerre se finisse dans l’horreur. Si les allemands refusent la lutte finale il devront affronter l’enfer russe.

Le discours du Jour de l’An prononcé par Hitler n’apporte rien de nouveau ; aucune allusion n’est faite sur le moyen de se protéger des bombardements ou sur une date hypothétique de fin de guerre. Il se contente d’exhorter la population à continuer l’effort de guerre.

L’ultime attaque des Ardennes est un échec, les Alliés ne cessent de progresser tant du coté occidental qu’oriental. Les allemands sont désormais encerclés. Tous ont désormais la preuve de l’incapacité militaire du régime. Un observateur de Stuttgart reconnaît que Hitler a délibérément voulu cette issue, il reconnaît ainsi l’impact catastrophique de ce chef tant vénéré.

Durant ces derniers mois qui précèdent la chute des millions de personnes frustrés en veulent uniquement à Hitler ; on leur a promis la victoire alors qui savent désormais que cela est impossible.

Ils comprennent que les succès militaires des années 1939-1941 n’ont servi qu’a rendre son autorité incontestable et inattaquable. Désormais Hitler mène le pays à la ruine.

Même à cette période la majorité de la population estime que l’erreur principale du régime est d’avoir voulu occuper l’URSS, que cela était une marque d’arrogance et que la puissance soviétique à été sous-estimée. Elle n’imagine pas que c’est la personnalité même du Führer, sa volonté qui conduit à une telle ruine.

Malgré les heurs avec ses généraux, Hitler exclut toujours une négociation avec les Alliés si celui-ci n’est pas dans une position de force. Il ne se soucie guère d’une Allemagne qui se consume. C’est sa volonté, il n’y aura pas de second diktat. Si l’Allemagne est incapable d’obtenir la victoire elle devra être détruite. Les allemands ne peuvent faire autrement que de subir cette volonté ; ainsi, tant que Hitler est en vit aucune rédition n’est possible.

Face à l’arrivée de l’armée Rouge les population allemande fuient vers l’Allemagne et vers Berlin. Certains se suicident même. Les rapports du SD témoignent e la violence des soldats soviétiques qui se vengent, un million quatre cent mille femmes sont ainsi violée dans les territoires de l’est.

L’ effondrement du moral s’observe chez les soldats qui se battent à l’est malgré la répression au sein de la Wehrmacht, et au sein des populations civiles de l’est. Des châtiments expéditifs sont organisés ainsi que des exécutions publiques. Le régime est désormais si mal en point qu’il en vient à se retourner publiquement contre les masses, une nouvelle phase s’ouvre, elle durera jusqu'à la chute du régime.

*

La majorité des allemands ne cherchent qu’à survivre, ils refusent l’héroïsme de la lutte finale, préfèrent se rendre aux Alliés du coté occidental. Les dernières semaines qui précédent la chute du III e Reich par le suicide de Hitler ne sont plus marquées par des opérations militaires d’envergure. La Wehrmacht ne cessent de reculer face à l’avancée des Alliés, Hitler limoge ses généraux les uns après les autres, les traitant d’incapables, las accusant de ne pas suivre les ordres donnés. Mais face à la situation catastrophique il est toujours obligé de remplacer voir de rappeler les généraux démis.

Hitler ne se soucie guère de faire tuer des milliers de soldats à cause de son refus d’accepter la supériorité de l’ennemi. Pour lui, leur faiblesse les a condamnés. Lui n’est responsable de rien. De même lorsque qu’il apparut que malgré la défense héroïque de certains, la population était incapable de résister à une puissance ennemie supérieure, il considéra que ses compatriotes méritaient de succomber puisqu’il s’étaient révélé faibles.

Le dos au mur, Hitler se révèle moins coupé de la réalité qu’on aurait pu le penser. Il mesure entièrement que c’est lui seul qui fait obstacle à la signature d’un armistice. Dans l’éventualité d’une paix négociée ses jours seraient comptés, dès lors il n’a plus rien à perdre.

L’offensive dans les Ardennes, le dernier grand espoir d’Hitler, a échoué, les Soviétiques en supériorité numérique et militaire incontestable menacent désormais Berlin, et Hitler ordonne toujours des offensives vers l’est sans aucun fondement, elles échouent toutes.

Les commentaires de la population sont discrets par peur des représailles, les gens ne se questionnent pas en majorité sur les causes de la guerre mais cherchent quelqu’un à blâmer car ils se rendent compte de l’inutilité et de la vanité de la poursuite de la guerre. Les dirigeants sont perçu comme responsable et à travers eux Hitler. Ils ont compris que Hitler seul est un obstacle à la fin des souffrance.

Le 11 mars 1945, lors de la cérémonie commémorative pour les morts de la guerre, personne, ni les membre de la Wehrmacht, , ni les membres du Volksstrum, ni la population civile, ne répond au Sieg Heil pour le Führer lancé par le chef de la Wehrmacht.

Les ordres du 18 et 19 mars 1945 traduisent bien la volonté du Führer de détruire le peule allemand, il les condamne à la mort. Cet ordre s’explique par l’attitude des populations qui diffère à l’est et à l’ouest suite à l’avancée des alliés.

A l’est les populations civiles fuient en masse devant le menace russe. Un témoin se souvient : « Les routes grouillent de réfugiés, de charrettes et de piétons. De temps à autre passent des voitures bourrées de gens et de valises sous le regard envieux de ceux qui vont à pied. La panique s’empare de gens dès que le cri s’élève : " Les Russes approchent ! " Les gens se regardent. Ce n’est pas possible. Puis un homme arrive à cheval criant : " Sauve qui peut ! Les Russes seront là dans une demi-heure." Nous sommes terrassés par une peur qui nous paralyse. »

Face aux viols, aux brutalités et aux meurtres perpétrés par les soviétiques certains envisage la meilleure solution pour mettre fin à leur jours.

A l’ouest les populations restent sur place, accrochent nappes et drap aux fenêtre en signe de reddition, elles demandent aux officiers de ne plus défendre leur village pour éviter une ultime destruction. Lorsque les anglo-américain parviennent sur le sol allemand ils sont étonnés de découvrir une population totalement désillusionnée par Hitler, ils s’attendaient à trouver une horde de fanatique nazie. Ils découvrent une population qui n’aspire qu’à la paix et à retrouver un rythme de vie normal, loin de la guerre et du régime nazi qui l’a mené à tant de ruine.

Une telle attitude des populations est insupportable pour Hitler . Ainsi, l’ordre du 18 mars, qualifié d’ordre de « Néron », oblige es zones envahies à l’ouest à être vidée de leur population. Les populations sont donc condamnée à errée sans but à travers une Allemagne en plein chaos. Certains historiens ont alors pu parler du début du génocide de la population allemande. De plus, par l’ordre de « Néron » Hitler ordonne la destruction de toutes les installations rudimentaires nécessaires à la survie de la population ; les voies de communication, les transports… Speer fait de son mieux pour entraver ces deux ordres, mais en mars 1945 plusieurs parties de l’Allemagne ne sont pas encore occupées, et certains fanatiques parviennent à exécuter l’ordre de « Néron ».

Hitler attend le dernier moment pour mettre fin à ses jours et délivrer le pays. Il ne le fait que lorsque Berlin et son bunker dans lequel il s’est réfugié sont encerclé. Il laisse un pays en ruine ; des millions d’allemands militaires et civils ont été tués, des villes ont été totalement détruite. L’Allemagne n’est plus peuplée que par une population désabusée qui observe au début de ce mois de mai 1945 les début de l’occupation de leur pays ; la capitulation sans condition ayant été signée les 7, 8 et 9 mai 1945 au quartier général de l’armée américaine de Reims, puis au quartier général soviétique à Berlin..


*

**

La défaite de la 6e division à Stalingrad ne porte pas un coup fatal au régime. Goebbels en est persuadé c’est pourquoi il exhorte Hitler à rester proche de la population allemande qui croit encore fermement en lui malgré les sacrifices exigés par la politique de « guerre totale ». Mais face aux échecs Hitler ne sait que dire à son public, n’ayant que des mauvaises nouvelles à lui annoncer il préfère éviter les discours publics. Et lorsque malgré tous ceux-ci ont lieux, Hitler ne se préoccupe guère des préoccupations quotidiennes des gens, il s’enferme dans sa logique idéologique, écartant tout le reste. Les préoccupation du Führer et de son Peuple ne sont désormais plus les mêmes. Face aux difficultés quotidiennes, face aux bombardements, face aux morts Hitler reste sourd ; les allemands en viennent désormais à attendre leur délivrance d’un être pourtant autrefois adulé. Mais certains croit jusqu’au bout qu’Hitler est un sauveur, ils n’ont pas compris son objectif destructeur.

L’arrivée des Alliés ouvre une nouvelle ère pour le pays ; le pays doit se reconstruire, assumer ses responsabilité face à l’Histoire ; c’est toute une société qui désormais doit être « dénazifiée ».

Yann Kershaw dans son préface à sa biographie de Hitler effectue une comparaison entre celui-ci et des grands hommes comme Napoléon. Tous deux ont eu l’ambition de conquérir l’Europe, tous deux ont engendré un conflit européen et durent faire face à une coalition de pays. La comparaison s’arrête là. Napoléon n’a pas voulu détruire la France, il est une figure emblématique en France même s’il ne l’est pas d’autres pays, et surtout, nous avons conservé des traces de son héritage, un appareil administratif national, le système éducatif et le code des lois. D’Hitler et du III e Reich il ne reste rien car celui-ci n’a été novateur ni sur le plan architectural, ni sur le plan culturel. Il n’inspire désormais que répulsion et condamnation, il est la grande figure du Xxe siècle détesté de tous.


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