Oldiblog

Fermer
  Créer son blog KaZeo     Rap et RnB     Communauté Ados     Créer un blog gratuit Mercredi 25 novembre 2009   Ste Catherine  
Histoblog
 

puce Sommaire des articles de cette rubrique

   

puce Les Frères Lumière et l'avènement du cinéma en France (le 25/11/2007 à 13h55)

Auguste et Louis Lumière

Les frère Lumière sont entré dans la postérité comme les inventeurs du cinéma. La date du 28 décembre 1895 est entrée dans la postérité comme celle de la première projection cinématographique publique et payante. Or, ces deux affirmations sont inexacts. La vérité, c’est que la période de l’avènement du cinéma en France est méconnue, tout comme le rôle exact qu’on joué les Frère Lumière, ou encore l’utilisation qui en était faite à l’époque.

D’abord qui sont les Frères Lumière ? Il s’agit au départ de techniciens nés dans une famille d’industriels à Besançon, Louis (1864-1948) et Auguste (1862-1954), soutenu par leur père Antoine, chef de l’entreprise familiale spécialisée dans la photographie.

Ensuite, qu’appelle t-on le « cinéma » à l’époque. Il va de soit que notre conception très moderne du 7e art ne convient pas du tout à la réalité de la fin du XIXe siècle, où ce qu’on appelle cinéma est, de façon très générale, la technique de la création d’images animées.

Dès lors, nous pouvons nous demander en quoi le rôle des Frères Lumière fut determinant dans l’avènement du cinéma en France, et comment celui-ci a permit sa démocratisation.

Nous répondrons à cette question en étudiant dans une première partie, le rôle des Lumière dans l’invention du Cinéma, dans une deuxième partie, nous verrons les étapes de son avènement en France, avant d’étudier, dans une dernière partie, les utilisations et instrumentalisations de la Cinématographie lors de son avènement jusqu’à son exploitation.

 

*

**

 

I.                   LOUIS LUMIERE, L’HOMME QUI N’A PAS INVENTE LE CINEMA

 

A. Le Cinéma avant les Frères Lumière

 

1. De l’image fixe…

    Il va de soi que le concept cinématographique n’a pas attendu les Frères Lumière pour apparaître. L’histoire du cinéma commence d’abord avec la conquête des images fixes.

    En réalité, on peut trouver les premiers spectacles d’écran dès le XIe siècles sur les marchés persans, avec les « lanternes magiques », ancêtre des appareils de projections, qui envoyaient des images non-animées. Mais cette conquête a du attendre l’utilisation de la chambre noire pour prendre sa vraie dimension. Qu’est-elle ? Simplement un cube fermé avec un trou à image inversé. Avec, de grandes fresques vont êtres réalisées. Josèphe Nicéphore Niépce (1765-1833), pionnier de la photographie, va fixer l’image sur un négatif grâce à du chlorure d’argent et réaliser le premier cliché de l’histoire en 1827. La dernière étape dans la captation de l’image fixe fut le Daguerréotype, technique de production d’images mis au point par Jacques Daguerre (1787-1851) inventeur et photographe français qui fut le premier à obtenir des images stables en exposant à la lumière en chambre noire divers supports  enduits de bitume de Judée, matière photosensible. Le résultat est que l’image ne disparaît plus comme avant.

 
2
…à l’image animée

    Une fois l’image fixe captée, on va tenter d’animer cette image.Vulgarisées en Europe au XVIIe siècle, ces lanternes magiques deviennent un divertissement très à la mode au XVIIIe et XIXe siècle. C’est elle qui permettra les Fantasmagories de Robertson, à partir de 1798,  premières d’un genre qui va exploser après les Frères Lumière : d’une petite peinture ou gravure de facture assez grossière, naît, par la fantasmagorie, une image qui donne une illusion de mouvement,. La possibilité d’animer et d’agrandir ou de rapetisser une image par des manipulations optiques marque une étape dans l’évolution de la notion de tableau.

Le perfectionnement de la lanterne magique lui permet de s’élargir à un public de plus en plus important, et même aux enfants

En 1833, un modeste jouet de salon mis au point par le physicien Belge Joseph Plateau permit pour la première fois de réaliser la synthese artificielle du mouvement : ce fut le  Phénakistiscope En faisant tourner rapidement un disque fenêtré autour de son axe, et en observant à travers ces fentes une série de dessins disposés en couronne au verso, et réfléchis dans un miroir, on obtenait l’illusion du mouvement.. Le Phénakistiscope fut amélioré, et on vit surgir d’autres appareils construits sur le même principe :

1834 – Zootrope de Horner

1877 – le Praxinoscope d’Emile Reynaud

Enfin, en 1870, c’est la découverte du Celluloïd - matière plastique préparée à partir d'une solution solide de nitrocellulose contenant du camphre, jouant le rôle de plastifiant. Le futur patron de Kodac, Eatman, va l’utiliser à partir de 1884 pour la photographie personnelle


B. Et les Lumière furent…  


1. A la naissance du Cinématographe…

À la suite des travaux du physiologiste Étienne-Jules Marey et du photographe Eadweard Muybridge (inventeur du Zoopraxiscope en 1880), l’élaboration d’un matériel capable de saisir et de restituer le mouvement dans sa continuité apparut techniquement possible dès le début des années 1890. Le premier appareil de ce type fut breveté en 1891. Il s’agissait du Kinetograph de William Kennedy Dickson. Il prenait une série de photographies instantanées sur une émulsion photographique standard Eastman Kodak que l’on collait ensuite sur une bande de Celluloïd transparent de 35 mm de large, perforée de façon régulière.

La première projection eut lieu en 1893, à l’aide d’un appareil conçu également par Dickson et appelé Kinétoscope. Cet appareil, une sorte de visionneuse individuelle, était enfermé dans un grand coffret et permettait la perception d’images continues à travers un viseur. Sous cette forme, ce ne fut guère qu’une attraction foraine, toutefois fort prisée.

Les frères Lumière en reprirent le principe et mirent au point un projecteur sous le nom de Cinématographe


2.      Les motivations économiques des Frères Lumière

    Comment est née l’idée du cinématographe chez les Lumière ? Selon une source, à savoir la lettre de Charles Moisson, chef mécanicien, à son ami Francis Doublier, qui aurait été rédigée en avril 1930, donc 36 ans après les faits relatés,  Auguste Lumière aurait sorti de sa poche un morceau de bande de Kinétoscope qu’il avait eu des concessionnaires d’Edison, et aurait dit à Louis : « Voici ce que tu devrais faire ! Edison vend cela à des prix fous. Ses concessionnaires cherchent à faire des bandes ici, en France, pour les avoir meilleur marché. » Si ce fait est exact, alors c’est la motivation économique qui a lancé les frères Lumière sur le chemin du cinématographe.

    Mais dans ce cas, pourquoi les Lumière ne se sont-ils pas contenté d’immiter l’œuvre d’Edison ? Parce que celui-ci, pour des raisons de rentabilité, ne visait qu’un spectateur à la fois. Or très vite les objectifs des Lumière, comparativement à ceux d’Edison, visèrent un vaste public. Et ce que voulaient les Lumière, c’était projeter des images en mouvement sur grand écran. Pourtant, la correspondance entre Louis Lumière et Jules Carpentier, créateur du futur cinématographe de série, prouve qu’au départ, l’utilisation du cinématographe n’est pas determinée. Aura-t-il un but scientifique ? un but divertissant ? Pour les amateurs ou les professionnels ? Les débats vont bon train. Les débats tournent aussi autour de la mise en vente ou non de l’appareil. Sous la pression d’Antoine Lumière, la décision est prise de ne pas vendre l’appareil, la société gardant l’exclusivité de l’invention et assurera elle-même l’exploitation

 

3. Principes et fonctionnement du Cinématographe

     Le cinématographe remplit trois fonctions : la prise de vues, le tirage de la bande positive,, la projection de la scène sur l’écran. L’appareil photographie des objets ou des personnages animés, en fixant les diverses phases du mouvement sur une pellicule qui se déroule derrière un objectif. Une série d’images successives est prise à intervalles très courts. La manœuvre se fait à l’aide d’une manivelle, tournée plus ou moins vite par l’opérateur pour obtenir plus ou moins d’images à la seconde. La pellicule est enfermée dans une boite hermétiquement close, placée au sommet du Cinématographe. Elle ne se déroule pas de façon continue, mais par saccade, suivant la vitesse imprimée par la manivelle. Sur l’ensemble de la bande, les photographies font en gros 2 cm de haut sur 2cm ½ de large. La bande s’enroule automatiquement dans une deuxième boite hermétique. 

Les mêmes principes sont utilisés pour permettre la projection. Une bande se déroule par arrêts successifs devant l’obstrurateur. Un foyer lumineux l’éclaire, qui traverse la bande, passe par l’objectif et projette la scène sur l’écran. Et c’est pour cette opération que les frères Lumière se sont montrés novateurs. Il fallait que toutes les images soient agrandies et projetées sur les mêmes points de l’écran. Fin 1894, Louis Lumière décide d’adapter  aux conditions de la prise de vues le mécanisme du pied de biche. Il utilise donc un mécanisme triangulaire qui maintient  le film immobile pendant les deux tiers du temps. Une griffe a deux goupilles s’enfonce dans les deux perforations rondes prévues pour chaque images. Ainsi, le film défile par saccades, au rythme fixé à 16 images/sec, pour diminuer l’effet du scintillement dû à la lumière. Le Cinématographe regroupe donc effectivement  les fonctions de caméra, tireuse et projecteur.

 

*

 

II.                LES ETAPES DE L’AVENEMENT DU CINEMATOGRAPHE

 

A. Le Modèle Lumière

 
1. La naissance de l’entreprise Lumière

    L’Entreprise Lumière naît en 1895. On peut dire qu’elle rend les armes dès 1907. Après douze années, les Lumière, vaincu par l’industrie cinématographique, vont se désinteresser de leur invention. Mais avant de s’incliner, les Lumière vont réaliser un travail de grande haleine dans le cinéma, réalisant tout dans leur entreprise de A à Z. Dès le début, le format de 35mn défini par Edison est adopté. Il va très vite devenir standard, comme  la vitesse de projection de 16 images par seconde du Cinématographe Lumière. Les pellicules leur seront vendues par la société Planchon, qy’ils tenteront de racheter. Quant au cinématographe, présenté plus haut, il est bien sur l’élément principal de l’Entreprise, qui va surtout exploser grâce à la séance du 28 décembre 1895


2.      La scéance du 28 décembre 1895

La  première présentation de l’appareil ne fut pas le 28 décembre 1895. En effet, dès janvier 1895, le physicien et astronome Eleuthère Mascart, président de la Société d’encouragement de l’industrie nationale et de l’Académie des sciences demande aux Lumières d’exposer l’Etat de leurs travaux. Le 22 mars 1895, Louis Lumière présente ce qu’il appelle à l’époque « l’appareil servant à l’obtention et à la vision d’épreuves chrono-photographiques », et qui n’a donc pas encore le nom de cinématographe. C’est d’ailleurs un nom qui fut l’objet de bien des débats puisqu’au début, Antoine Lumière avait proposé le Domitor. Parmi les 200 invités se trouve Léon Gaumont qui est alors directeur du comptoir général de la photographie.

Il ne manquait qu’un système pratique de synchronisation du son — le Vitaphone en 1926, puis le Movietone en 1931 — pour que les fondements techniques du cinéma moderne fussent tous réunis.

Nous pouvons alors nous poser une question. Pourquoi retenir cette date du 28 décembre 1895, ce fameux soir où 33 spectateurs ont payés un franc un ticket d’entrée pour s’asseoir face à un écran blanc, au « Salon indien » situé dans les sous-sols du Grand café des capucines à Paris. Ne serait-ce pas finalement une date quelconque ? certes non, car à partir de ce jour là, il ne se passera pas une journée sans scéance de cinéma.

Cette date du 28 décembre 1895 doit donc être retenue comme étant la date de l’avènement de la forme commerciale du cinéma.

Le succès fut immédiat. D’autres chercheurs, aux États-Unis (Laurie Dickson, associé à Eugène Lauste, Thomas Armat, dont le brevet fut acheté par Edison en 1896, etc.), en France (Georges Demenÿ, inventeur du Chronophotographe pour la firme Gaumont), en Allemagne (Max Skladanowsky, Oskar Messter), en Italie (Filoteo Alberini) et en Grande-Bretagne (Robert William Paul), mettaient au point à la même époque des brevets concurrents ou complémentaires (voire des contrefaçons) des brevets Edison ou Lumière.


B . La remise en cause du Cinématographe


 1. La Catastrophe du Bazar de la charité

    Après cette explosion de succès, va s’ensuivre une explosion, plus concrête, qui va engendrer une crise du cinématographe. Tout commence le mardi 3 mai 1897, à Paris, quand le baron Mackau inaugure le grand Bazar de la charité, fondé en 1885. Il s'agissait d'une organisation caritative dont le but était d'assurer la vente d'objets, lingeries et colifichets divers, au profit des plus démunis. 1 200 personnes sont invitées pour une représentation du cinématographe, parmi lesquelles la Duchesse d’Alençon (1847-1897), sœur de l’impératrice d’Autriche  Sisi et par extension, la belle-sœur de l'empereur François-Joseph. Le drame est raconté en detail dans l’édition du Petit journal du 10 mai 1897. Un problème technique avec la lampe avait empeché le cinématographe de fonctionner correctement. Le concessionnaire du cinématographe avait alors fait appel à Molteni, un fabricant de lanternes magiques, pour se procurer une lampe a ether baptisée « sécuritas » (tout un programme). Le cinématographe donne 4 scéances a des publics differents, jusq’uà ce que la lampe s’eteigne. Tandis que le projectionniste remplit la lampe dans la salle, plongée dans le noir, et qui ne fait que 9 mètres sur 4. Son assistant pour faire de la lumière gratte une allumette : la lampe et les pellicules en Celluloïd explosent. Les organisateurs commencent à faire évacuer la salle, mais le rideau prend feu et rapidement le plafond aussi. C’est la panique. Les gens qui tombent sont piétinés par la foule. Il y a 121 victimes, dont la duchesse d’Alençon et la comtesse Louise de Luppé, femme d’un parlementaire français reconnu. Essentiellement des femmes, a cause de leurs robes, plus facilement inflammables.


 2. Une invention remise en cause

     La catastrophe soulève un grand trouble chez les croyants, qui remettent en cause le cinématographe. Voilà le résultat d’une conquête qui a voulu se passer de Dieu. Lors du procès qui met en accusant le Baron Mackau pour ne pas avoir pris de mesure de sécurité et les deux coupables accidentels de l’incendie, est proposé d’interdire le cinématographe, qui crée un danger potentiel partout ou il fonctionne. Mais les trois accusés s’en sortent avec des condamnations légères, une amende n’excèdent pas 500 francs pour chacun, et entre huit mois et un an de prison pour les deux projectionnistes. Quand à la menace d’interdiction du cinématographe, elles n’est pas retenue, car il a finalement prit trop d’avance, et qu’on estime qu’on ne peut plus l’arrêter. Mais les vues animées sont désormais considérés d’un mauvais œil, et on suspecte leur fonctionnement autant que leur moralité.

 

3. La réhabilitation du Cinématographe

    Il faudra attendre l’exposition universelle de Paris, en 1900, pour réconcilier le Cinématographe avec son public. Cette exposition, la plus importante en France, a attiré près de 51 millions de visiteurs. Les Lumière ont donné à la représentation du Cinématographe qui y est proposé une dimension nouvelle grâce à un écran géant de 25 mètres sur 15, visible par 25 000 spectateurs. Le 15 mai 1900, la représentation dure 25mn et comporte 15 films.

    Le succès est énorme et réhabilite le cinématographe auprès de son public. 1 400 000 spectateurs vont voir le cinématographe géant. La société Lumière reçoit même un Grand Prix du Jury international qui consacre son triomphe, et qui a également récompensé la société Léon Gaumont.

 

*


III.             LES UTILISATIONS ET INSTRUMENTALISATIONS DU CINEMATOGRAPHE

 

A. Des Lumière à Méliès


 1. Le Cinéma des Frères Lumière

 Les premiers films des Frères Lumière se divisaient en deux catégories. D’abord les documentaires. Ces derniers étaient à ce moment là, davantage des moments de la vie capturés en films, comme « L’arrivée d’un train en gare », qui montre, comme son nom l’indique, l’entrée d’un train dans une gare, et la sortie de ses passagers qui retrouvent leurs amis sur le quai. Mais d’autres sont considérés aujourd’hui comme les pionniers des films documentaires. Ainsi, « la Sortie de l’usine Lumière à Lyon » est considéré comme le premier d’entre eux. Ensuite, les films à caractère comique. Le plus célèbre d’entre eux est l’arroseur arrosé, dont il existe de nombreuses versions. On y voit un jardinier qui nettoie sa pelouse. Un vilain garçon marche sur le tuyaux d’arrosoir, ce qui éclabousse le jardinier. Celui-ci laisse tomber le tuyau, court après le garçon, et lui administre une correction.

Ce sont aussi les frères Lumière qui vont inventé les actualités, via la centaines d’opérateurs. Moisson et Doublier, notamment, vont filmer le Tsar Nicolas II. Cette première actualité politique va permettre un bon du cinéma documentaire.


 2. Le Cinéma de Georges Méliès

 Dans le Salon indien, le 28 décembre 1895, ou ces films étaient diffusés, un spectateur regardait avec attention ces « vues » en se disant qu’il pourrait faire naître un cinéma concurrent à ces films documentaires, un cinéma dévoué au spectacle. Ce spectateur s’appelle Georges Méliès (1861-1938)

Après la séance du 28 décembre, il propose à Antoine Lumière de lui racheter un appareil pour dix mille francs. Antoine Lumière refuse catégoriquement. Mais deja des appareils concurrents apparaissaient en Europe, et Méliès s’en procure un à Londres, qu’il bricole avant de rebaptiser kinétograph.

Il faut savoir que le spectacle, Méliès en a fait une de ses spécialités. Il avait en effet acheté sur les Boulevards un théâtre ou il passait des spectacles féeriques et merveilleux. A ces spectacles vont se substituer des films réalisés à l’aide du Kinétograph. Le premier est réalisé le 10 juin 1896. Puis Méliès crée une société de production, la Star film, et, dans l’hiver 1896, fait construire son premier studio. Il y tournera environ 800 films, dont des films historiques comme un Jeanne d’Arc en douze tableaux réalisés en 1900. Son œuvre la plus célèbre reste néanmoins Le Voyage dans la Lune, réalisé en 1902. Pourtant, le public finira par se lasser, et la Star Film fermera ses portes en 1912.

Après le cinéma documentaire, comique et fantastique, va apparaître dès 1904 avec « Un roman d’amour », film de Lucien Nonguet dirigé chez Pathé, qui fait d’un thème sentimental un succès populaire.

 

B.  Les autres utilisations du Cinéma


 1. L’instrumentalisation politique

 
    Le cinématographe va également être utilisé à des fins politiques. L’instrumentalisation de ce type d’appareil pour manipuler les masses avait était effectif dès l’époque moderne, quand les charlatants s’en servaient pour effrayer les gens en faisant apparaître des monstres. Dès la fin du XIXe siècle, le cinématographe va être utilisé pour mobiliser la foule sur un sujet politique précis. Par exemple, sur l’affaire Dreyfus. En 1896, le capitaine Alfred Dreyfus (1859-1935) est en effet accusé a tort d’espionnage au profit de l’Allemagne. Cette histoire scinde l’opinion en deux camps antagonistes, l’un en faveur de la culpabilité de Dreyfus, l’autre en faveur de son innocence.

    Le cinématographe s’empare de l’affaire en 1899. A cette date, l’affaire est au cœur de tous les débats, en raison de la découverte d’éléments falsifiés dans le dossier, ce qui amène la révision du procès et l’un des accusateur, soupçonné d’avoir menti, vient de se suicider. Mais ceci n’empeche pas les foires et les salles de cinéma de diffuser une série de films pro- Dreyfusard qui entretiennent les tensions. Parmi eux, Georges Méliès propose des vues qui engendrent des affrontements dans les salles de cinéma même. Certaines prefectures interdisent ses films. Dans les 11 vues qu’il met à la vente, Méliès interprête le rôle de Labori, le défenseur de Dreyfus. Le succès est tel que Charles Pathé, à son tour, en tourne 8, également en faveur de Dreyfus, qui se vendent même à l’étranger. De nouveau condamné au procès de Reims, Dreyfus est immédiatement gracié par le président Loubet qui cède ainsi à la vague Dreyfusarde.


 2. L’utilisation scientifique

    La Cinématographie va également être utilisée à des fins scientifiques. La grande figure de ce mouvement est Eugène Louis Doyen (1859-1916), chirurgien français à la réputation mondiale, qui a entre autre inspiré le personnage du docteur Cottard dans A la recherche du temps perdu de Marcel Proust, et qui est considéré comme l’inventeur de la chirurgie moderne. Avant même le Cinématographe Lumière, il s’était constitué une collection de plaques de verres destinés à la projection cinématographique. Avec le Cinématographe, il songe tout de suite à enregistrer des vues scientifiques. Soutenu par un opérateur Lumière et un expert possédant son propre materiel, il se fait filmer durant une opération de craniectomie (1), puis d’une hystérectomie (2). Les vues sont très bonnes, et la démonstration à l’étranger est un succès. Mais en France, il se heurte aux scientifiques qui refusent de mélanger chirurgie et cinématographie. Au Congrès de Chirurgie de Paris, on ne l’autorise pas à présenter ses films. Il organise alors, à ses frais, une scéance de films medicaux  dans la salle de l’hotel des sociétés savantes, où il connaît un franc succès.

 

*

**

 

Mais le Cinématographe est une invention qui rapporte beaucoup d’argent. Malgré les efforts des Frères Lumière de conserver le monopole, la concurrence finit par arriver. Face à eux, le manque de sens commercial des Frères Lumière se fait cruellement sentir. Le plus dangereux d’entre eux pour les Lumière était l’industriel Charles Pathé (1863-1957) spécialisé dans la vente de phonographe, qu’il délaissa pour le cinéma. En 1907, il réalise ce qui est communément appelé « le coup d’Etat de Charles Pathé » il a annoncé que désormais, il ne vendrait plus ses films, mais les louerait. Face à cela, les Lumière abandonnent dès cette année là. C’est la fin de l’aventure. Louis Lumière trouve un poste dans l’Académie des sciences. Une nouvelle ère commence pour le Cinéma.

 

 

(1) Opération chirurgicale qui permet le développement du cerveau quand il existe une ossification prématurée des sutures crâniennes (craniosténose). Actuellement, l'intervention consiste à pratiquer un détachement complet d'un volet qui peut être remis en place après une légère modification ou pas de remaniement.

 (2) ablation chirurgicale de l'utérus.


[ Ajouter un commentaire | 0 commentaire(s) | Imprimer | Cette photo sur mobile | Permalien ]

 

puceMises à jour

 - Quelles civilisations antiques et/ou médié... Sondage 19/08/2008
 - Le conflit Tchétchène Articles 24/10/2009
 - Galba (juin 68 - janvier 69) Photos 31/08/2009
 - Memo Liens 31/08/2009